Les faits se sont passés aujourd'hui....
13h00 dans une zone commerciale d'une grande ville.... en pleine journée, deux individus ont cassé plusieurs voitures en pleine zone commerciale d'une grande ville, avant de prendre la fuite dans une grosse berline volée. Ils casseront par la suite une voiture sur une aire de repos, toujours en pleine journée.... Par la suite, des témoins les ont vu jeter les affaires qui ne les intéressaient pas! Ils prendront la fuite tranquillement pour rentrer dans leur quartier.
Rappelons tout de même que les faits se passent un SAMEDI après-midi, EN PLEINE JOURNEE!!!
Ce fait divers si banal..... presque heureux puisque personne n'a été blessée, rappelons que d'autres meurent pour un baladeur mp3.....
Et poutant, ce fait divers est très révélateur de la situation actuelle. Notons simplement que le simple vol est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 Euros d'amende (art. 311-1 et suivants du Code Pénal). Néanmoins, malgré cette incrimination, les malfaiteurs passent à l'action dans de telles conditions, sans se sentir inquiétés.
Un des buts du droit pénal (outre la répression) est la prévention. Un calcul simple, entre le gain et le risque, devrait normalement décourager les individus de passer à l'action. Or, aujourd'hui, les délinquants ne semblent pas inquiétés!
Il ne fait plus aucun doute que les institutions de la police et de la justice connaissent une crise. D'ailleurs, la surmédiatisation de leurs dysfonctionnements n'aident pas à promouvoir leur respect. Je lisais hier l'ouvrage du professeur DELMAS MARTY "Pour un droit commun" (Edition Seuil) : dans un passage de son ouvrage elle observe que la mise en scène judiciaire (toute la théatralité autour de la procédure pénale et du procès) disparait au profit de procédure rapide à l'image de la comparution immédiate. Elle souligne aussi que la mise en scène médiatique prend en partie le relais (p: 30-31). Or, cette mise en scène faisait partie du mécanisme de prévention. Je me pose alors la question de savoir comment est perçue la justice? Le défaut de théatralisation, la multiplication des critiques envers une justice expresse, les déstabilisations par la médiatisation de certaines affaires marquant les dysfonctionnements des institutions, la surpopulation carcérale, la non-application des peines prononcées.... tous ces exemples participent à affaiblir le respect de la loi pénale.
Peut-on encore parler de concept de sécurité et d'insécurité, ou ne doit-on pas se résigner à un état de fait?