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13 mai 2006

Peut-on encore parler de sécurité - insécurité??? FAITS DIVERS si banal!

Les faits se sont passés aujourd'hui....

13h00 dans une zone commerciale d'une grande ville.... en pleine journée, deux individus ont cassé plusieurs voitures en pleine zone commerciale d'une grande ville, avant de prendre la fuite dans une grosse berline volée. Ils casseront par la suite une voiture sur une aire de repos, toujours en pleine journée.... Par la suite, des témoins les ont vu jeter les affaires qui ne les intéressaient pas! Ils prendront la fuite tranquillement pour rentrer dans leur quartier.

Rappelons tout de même que les faits se passent un SAMEDI après-midi, EN PLEINE JOURNEE!!!

Ce fait divers si banal..... presque heureux puisque personne n'a été blessée, rappelons que d'autres meurent pour un baladeur mp3.....

Et poutant, ce fait divers est très révélateur de la situation actuelle. Notons simplement que le simple vol est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 Euros d'amende (art. 311-1 et suivants du Code Pénal). Néanmoins, malgré cette incrimination, les malfaiteurs passent à l'action dans de telles conditions, sans se sentir inquiétés. 

Un des buts du droit pénal (outre la répression) est la prévention. Un calcul simple, entre le gain et le risque, devrait normalement décourager les individus de passer à l'action.  Or, aujourd'hui, les délinquants ne semblent pas inquiétés!

Il ne fait plus aucun doute que les institutions de la police et de la justice connaissent une crise. D'ailleurs, la surmédiatisation de leurs dysfonctionnements n'aident pas à promouvoir leur respect. Je lisais hier l'ouvrage du professeur DELMAS MARTY "Pour un droit commun" (Edition Seuil) : dans un passage de son ouvrage elle observe que la mise en scène judiciaire (toute la théatralité autour de la procédure pénale et du procès) disparait au profit de procédure rapide  à l'image de la comparution immédiate. Elle souligne aussi que la mise en scène médiatique prend en partie le relais (p: 30-31).  Or, cette mise en scène faisait partie du mécanisme de prévention. Je me pose alors la question de savoir comment est perçue la justice? Le défaut de théatralisation, la multiplication des critiques envers une justice expresse, les déstabilisations par la médiatisation de certaines affaires marquant les dysfonctionnements des institutions, la surpopulation carcérale, la non-application des peines prononcées.... tous ces exemples participent à affaiblir le respect de la loi pénale.

Peut-on encore parler de concept de sécurité et d'insécurité, ou ne doit-on pas se résigner à un état de fait?

Commentaires

Il est évident que ce genre de faits divers pose une interrogation sérieuse sur l'efficacité du caractère dissuasif du droit pénal.
Mais ce manque de dissuasion doit à mon avis également tenir de l'éloignement de certains individus aux valeurs républicaines et au système républicain. Si ces individus rejettent le système car ils ne s'y sentent pas intégrer ou refusent de s'y intégrer pour des raisons individuelle ou sociale ; alors l'infraction s'opère de plein jour avec la jouissance de l'affirmation d'un rejet du système judiciaire.
Une répression accrue aura certes une portée dissuasive pour les individus dont le degré de rejet du système judiciaire peut être enrayé.
Mais elle reste une solution temporaire et inefficace à moyen terme tant le système carcéral est inefficace. J’entends par là que ce système n'amènera pas ces individus à vouloir retrouver les valeurs de la république.
A cette revalorisation du système répressif doit s'ajouter une réflexion sur le processus de rejet du système républicain par l'individu. L'étude des causes doit permettre de combattre le mal à la source par des mesures d'encadrement civique et social.

Écrit par : arthur | 14 mai 2006

Vous avz entièrement raison. Je me permets d'ajouter:
- concernant le système carcéral, hormis quelques centres d'incarcération spécifiques par leur modernité et leur population qui reste dans des normes convenables, la très grande majorité des "prisons" sont surpeuplées, peuplées à 130, 150 %. Outre le fait que les "places" manquent et ne permettent pas l'acceuil de nouveaux condamnés, l'emprisonnement n'a plus la possibilité d'essayer une resocialisation.
- ceci amène donc au problème du défaut d'application des peines, soit leur non-exécution... ou la préférence à une peine d'amende et du surcis pour éviter un encombrement... cela fait penser un peu à l'utilisation massive des comparution immédiate pour désengorger les tribunaux. Se pose donc clairement le problème de la nécessité de construire de nouveaux établissements d'incarcération modernes et aux normes; permettant outre d'éviter les évasions et les problèmes, la tentative de resocialisation de l'individu. Cependant, personne ne veut d'une prison sur sa commune... d'où les difficultés!
- sur le refus de valeur, et le besoin de mesures d'encadrement, si ma mémoire est bonne, la dernière réforme de l'éducation introduit un nouveau type de cours: éducation civique.... C'est assez paradoxal comme observation puisque je dis qu'elle introduit "un nouveau type de cours"... or, lorsque j'étais à l'école, j'ai eu des cours d'instruction civique (et ce n'est pas si vieux!). De telles mesures sont un début mais ne suffisent bien évidemment pas.....

A vos propositions.... là encore, en la matière les partis politiques se déchirent et les critiquent fusent... pourtant aucun ne peut se vanter d'apporter une ébauche de solutions efficaces! Un véritable travail posé doit être envisagé.

Écrit par : fxrd | 14 mai 2006

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