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15 octobre 2006

Action contre les opérateurs de téléphonie mobile ----- ou la nécessité d'une action de groupe

En novembre 2005, les 3 opérateurs de téléphonie mobile - Orange, SFR, Bouygues Telecom - étaient condamnés par le Conseil de la Concurrence pour agissements illicites: ententes illicites permettant une répartition du marché entre les opérateurs causant une augmentation des prix. Cette décision est en appel actuellement. Elle avait fait grand bruit car l'amende prononcée s'élevait à 534 millions d'euros.

Suite à cette condamnation, le vendredi 13 octobre 2006, l'UFC-Que Choisir a déposé plus de 12 500 dossiers de consommateurs devant le Tribunal de commerce de Paris, et ce, avec un grand renfort médiatique pour permettre cette fois-ci aux consommateurs d'être indemnisés de leur préjudice. On imagine le nombre de cartons renfermant les nombreux dossiers demandant réparation du préjudice causé. Mon dossier compte parmi les 12 500 déposés, pour un préjudice évalué à une cinquaine d'euros. Cependant, on estime à 30 millions le nombre de consommateurs victimes des opérateurs. Bien sûr, le jugement sur ces dossiers ne sera pas rendu avant 2007... (http://www.cartelmobile.org).

 Cette action a plusieurs intérêts:

- elle doit permettre le remboursement du préjudice subi par les consommateurs à l'époque;

- mais surtout, grâce au travail de l'association UFC-Que choisir, cette action a été rendue possible, permettant  une réparation et donc limiter les pratiques de grands groupes souvent en position de force face à des consommateurs impuissants. Qui aurait intenté une action en justice pour la réparation d'un préjudice de 50 euros: personne, car le montant est trop faible pour se perdre dans une longue procédure. Donc, aucun consommateur pris personnellement ne va faire la démarche d'introduire une action en justice, même si son action est fondée et gagnée d'avance. Pourtant, l'addition de l'ensemble des consommateurs entraîne bien souvent un préjudice considérable. Si l'on se base sur un minimum de 50 euros de préjudice pour les 12 500 dossiers déposés, ce qui représente un faible préjudice et une goutte d'eau de consommateurs atteints, on trouve déjà 625 000 euros. Multiplié ce chiffre par le nombre réel de consommateurs ayant subi une atteinte.... 

 Les grands groupes profitent bien souvent et trop souvent de ce rapport d'un faible préjudice en rapport avec la difficulté d'une action en justice pour le consommateur. Qui n'a jamais subi des difficultés avec un opérateur Internet, des produits défectueux ou une grande chaîne de magasin, le problème risquant de se multilpier au travers de la vente en ligne sur Internet.... Rappelons aussi les problèmes survenu sur les tarifications bancaires, et les affaires actuelles sur le médicament  du fabricant du Distilbène. 

Certes, je ne prône pas le recours abusif à l'action en justice. A contrario, il parait inormal que le comportement frauduleux de grandes structures ne soient pas poursuivis et que les consommateurs ne soient pas réparés pour leur préjudicie subi. Là encore, malgré la décision du Conseil de la Concurrence; pris individuellement, aucun consommateur n'aurait agi en matière civile pour obtenir indeminisation et tirer les conclusions des pratiques ainsi condamnées. Lorsque l'on voit les difficultés éprouvées par des familles de victime qui se battent pour la réparation d'un préjudice corporel voir le décès d'un proche... 

- de fait, cette procédure montre l'intérêt d'une réforme permettant une action en justice de groupe. Dans le cas présent, une seule action en justice aurait nécessaire, permettant alors de réparer le préjudice des consommateurs en ayant fait la demande. Or, dans le cas présent, 12 500 actions seront nécessaires.... Imaginons que les millions de consommateurs ayant subis un préjudice se soient fait connaître, le Tribunal de commerce de Paris aurait été engorgé pour plusieurs années... Une action de groupe permettrait donc l'indemnisation de l'ensemble des consommateurs concernés. Cette action existe aux Etats-Unis. Il semble possible de mettre en oeuvre une telle procédure, en l'encadrant, en définissant le domaine de cette action (les préjudices subis par les consommateurs), ouvertes aux associations agréées, avec une procédure de vérification pour éviter des recours abusifs et un contrôle constant du juge; comme le préconise l'appel aux législateurs lancé par les associations de consommateurs (http://www.unaf.fr/article.php3?id_article=3406 --- http://www.unaf.fr/article.php3?id_article=3405).

 

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