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30 mai 2006

Complément d'enquête: "Grand banditisme: les nouveaux parrains"

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Vous avez peut-être regardé l'émission hier soir sur France 2, Complément d'enquête, consacrée au grand banditisme. L'émission se compose de plusieurs reportages séparés par une discussion entre le présentateur et un invité.

L'émission était très intéressante. Plusieurs reportages montrent des interventions policières et permettent de donner un peu de spectacle. Cependant, l'émission va tout de même plus loin avec des commentaires de voix off assez recherchés, ne s'attachant pas seulement à donner une simple description des images en cours. De plus, les quelques discussions permettent un approfondissement, certes court mais existant, de la matière.

Parmi les reportages:  un reportage sur l'évolution d'un caïd Farid B. (seuls les initiales sont indiquées à la demande d'un proche), le milieu des réseaux au sein des cités à Marseille, l'arrestation du parrain Bernardo Provenzano de la Cosa Nostra en Sicile et la révolte de quelques citoyens contre la pizzo (sorte de taxe prélevée par la mafia sur les commerçants), ou l'interwiew d'anciens braqueurs et mafieux.

Parmi les invités: le journaliste Jérome Pierrat, le scénariste Bibi Nacéri ou le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud.

Points forts de l'émission:

- distingue la "mafia" du crime organisé ou des réseaux de cités;

- met l'accent sur la délinquance ultra-violente actuelle;

Points critiquables de l'émission:

- l'intervention de Bibi Nacéri est assez critiquable, avec une sorte de tentative de sa part de sous-estimer certains actes délinquants. Certes, on veut nous présenter un réseau dangereux, et ce ne sont que des "jeunes" de 25 ans habitants chez les parents ou les petites amies.... mais ils ne sont que trop simplement armé avec de petits pistolets ce qui fait rire Bibi Nacéri.... celui-ci trouvant aussi les schouffs (les guetteurs) exploités en ne gagnant que 200 Euros par jour.... Intervention sans grand intérêt.  

- étonnement de ma part de voir un ancien caïd (dont je ne retrouve plus le nom) roulé en Porsche Cayenne avec une voix off qui dit qu'il vit très bien à Paris grâce à l'argent sale de ces anciens braquages!

Je suis désolé, je n'ai pas trouvé de date de rediffusion. Je l'indiquerai si je la trouve. De plus, pour l'instant, le site de Complément d'enquête n'apporte aucune information sur cette émission. http://info.france2.fr/complement-denquete/emissions/2103...

POUR COMPLETER L'EMMISSION: 

Livres:

 RAUFER Xavier et QUERE Stéphane, "Le crime organisé", Que sais-je?, PUF.

Thierry CRETIN "La mafia", Idées reçues, ed. Le cavalier bleu.

Jérôme Pierrat "La vraie mafia des cités", Impacts.

Gayraud Jean-François "Le monde des mafias", Odile Jacob.

Autres émissions sur la matière: 

Cette émission se trouve être un bon complément aux émissions diffusées sur France 5, C dans l'air, qui ont pu abordé ce thème à différentes reprises: "Marseille les Gangs de Banlieue", "Corleone: le parrain dans la bergerie"...

Sur mon blog:

 http://fxrd.blogspirit.com/archive/2006/04/07/mafia.html

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Commentaires

Pour avoire regardé en partie cette émission, j'ai également trouvé la position de Bibi Nacéri fort critiquable. Bien entendu que tous les jeunes de banlieue de sont pas des délinquants : seulement cette délinquance est réelle, et il a vraiment peiné à expliquer les tenants et les aboutissants de cette violence.

Ecrit par : Titem | 01 juin 2006

Pourquoi tant de haine en 2006 ?

C'est pas très encourageant pour la suite de cette génération !!!

Il faut un geste fort car je suis sur ce débat reviendra lors des prochaines élections présidentielle...

Bises,
Christophe

Ecrit par : christophe BENAZETH-GUILLAMON | 01 juin 2006

je regrette d'avoir raté l'émission,prevenez-moi,s'il vous plait,quand elle repassera.je vous remercie et bonne continuation!

Cyril

Ecrit par : Cyril | 01 juin 2006

Bonjour,

L'auteur du reportage sur Farid Berrhama sera bientôt convié devant un Tribunal, ainsi que Monsieur Duquesnes.
Dans cette émission diffusée sur une chaine du service public, Monsieur Grégoire BAR--- se permet de filmer les tombes, d'une manière malsaine, et ce sans autorisation.
Monsieur Duquesnes se permet d'employer des termes injurieux et de parler de piste sanglante ???
Les médias se sont servis de la mort de proche, en profitant d'une faille juridique quant à l'absence de diffamation du corps.
Mais ils répondront bientôt de leur abus de presse, et du mal qu'ils nous ont fait, bien tà vous, je vous indique que les commentaires tenus sur internet sont aussi enregistrés !

http://www.m-r.fr/actualite.php?id=1334
source media ratings.fr
Quand les médias diffament les morts, que se passe-t-il ?
Mis en ligne le 5 mai 2006


La façon dont les médias relatent les faits divers donne parfois lieu à des dérapages.

Le plus souvent, cela est corrigé par certains des protagonistes de ces affaires.

Toutefois, lorsque la victime de calomnies, ou de diffusion d’informations non vérifiées, est une personne décédée, il est plus difficile pour ses ayants droits d’obtenir réparation.


Farid Berrahma a été assassiné le 4 avril 2006 à Marseille et il ne peut donc se défendre contre les atteintes à la présomption d’innocence qui ont été diffusées par de nombreux médias à son encontre.

En effet, même si Farid Berrahma n’était pas « un ange », il n’a jamais été mis en examen pour assassinat ou tentative d’assassinat.

Pourtant, voici quelques exemples extraits de certains médias le concernant :

- Paris-Match du 13 avril 2006 a écrit « On a refroidi le rôtisseur qui avait l’habitude de brûler dans leur voiture les cadavres de ses concurrents » avant d’ajouter « Farid avait une spécialité:le barbecue. Tu descends un rival au volant de sa voiture puis tu mets le feu pour faire disparaître les traces », puis d’impliquer Farid Berrahma dans l'assassinat de Francis Vanverberghe, dit « le belge », en ces termes « il voulait apparaître comme un caïd... Il est revenu à Paris avec une équipe pour liquider le Belge ».

- Libération du 6 avril 2006 a titré « Farid le rôtisseur paie l’addition ».

- Le Monde du 17 avril 2006 attribue à Farid Berrahma l’assassinat de Roch Colombani le 23 mars 2006.

- Le Nouvel Observateur du 20 avril 2006 a annoncé « la fin du rôtisseur » avant de le décrire ainsi : « Son arme, c’est la férocité. Il flingue les concurrents trop audacieux au volant de leur voiture. Il enferme leur cadavre dans le coffre et y met le feu. » Notons que dans cet article, la relaxe de Farid Berrahma est remise en cause par le journaliste.

- Marianne du 15 avril 2006 affirme que sa carrière est jonchée de cadavres


Il est remarquable de constater que les journalistes accusent Farid Berrahma de crimes, alors que la justice ne l'a pas fait.

Interrogés pour savoir pourquoi ils diffusaient ces informations non vérifiées, certains journalistes ont répondu qu’ils ne faisaient que reprendre les informations de la police et s’abritaient derrière le fait que tous les médias avaient eu le même comportement.


La diffamation n'existe pas pour les morts sauf si un média implique un ayant droit.

Il reste toutefois le préjudice moral et le droit à l'image qui peut conduire le média fautif à verser des dommages et intérêts à la famille de la victime.


Selon nos sources, la famille de Farid Berrahma est sur le point d’engager des poursuites judiciaires contre les médias qui ont écrit certains des articles précités.

Nous vous tiendrons informés des développements de ces éventuelles poursuites.

Ecrit par : biscotte | 13 juin 2006

Tout d'abord, j'indique pour tout le monde que je ne commets aucune diffamation puisque je ne cite que le nom de la personne en question pour exemple de sujets de l'émission (biensur, je ne me sens pas concerner personnellement par votre commentaire, mais vous faites bien de rappeler que la diffamation est possible par tout monde d'expression... en criant, en écrivant ou en filmant!).

Pour réagir, je ne veux pas être pessimiste mais les critiques ont deja été largement soulevées par la doctrine. D'une part, pour le droit à l'image, il y a cette distinction de personnes en public ou en lieu privé... (ceci pour les atteintes à la personne. J'en parle car il me semble que le problème avec la diffamation est assez similaire). D'autre part, il y a la diffamation notamment dans la presse ou à la télévision....
Dans les deux cas... les peines restent faibles, bien que financièrement elle ont augmenté (amendes)... mais tant qu'elles n'atteindront pas des sommets extravagents comme aux USA... rien de changera. Diffamer une personne ou atteindre à sa vie privée: si le journal ou l'émission gagne 500 000 euros pour la diffusion ... et paye une amende de 10, 20, 30 .. 50 000 voire 100 000 euros... elle reste bénéficiaire... d'où des magasines comme CHOC qui chaque semaine diffuse des peines d'affichage dans son magasine pour expliquer qu'elles ont été condamnés... mais je pense que, le pire, de ce fait les ventes augmentent encore plus!

A bientot...

Ecrit par : fxrd | 16 juin 2006

Monsieur

Je vous invite à consulter les dernières jurisprudences Européennes, concernant les abus de presse, Un journaliste est tenu de relater des faits avérés et prouvés, même lorsque les gens sont morts !
Et non pas de colporter une rumeur, et de faire de l'argent sur les cadavres brulants en profitant d'un vide juridique sur la mémoire des morts.

Lors de l'émission Complément d'enquete Grégoire Bardin pour Duquesnes a filmé sans autorisation et du Maire, et des ayants droits de Farid, sa tombe.
Monsieur Dusquesnes a lancé un sujet racoleur, injurieux sans aucun respect pour la présomption d'innoncence tellement facile de taper sur les morts
Hier Dusquesnes c'est s'est bien gardé de diffamer, ou d'injurier ou de porter atteinte à la présomption d'innoncence en parlant de Dominique de Villepin .
Ces deux parralleles m'interessent car ils démontrent l'absence totale de respect pour un homme qui a un passé judiciaire de surcroit mort, et qui a bon dos.

Petite info le passage sur Farid, est n'importe quoi ! Je vous confirme la presse manipule et se sert de mort pour faire les portraits qui les arrangent, vous n'avez pas remarqué qu'on est proche élection ?

Ecrit par : biscotte | 20 juin 2006

Je suis d'accord sur le fait qu'il n'est pas normal de diffamer une personne. Concernant Farid Berrhama; je ne connais pas suffisamment l'affaire pour pouvoir avoir un jugement.
Quoiqu'il en soit, je pense que l'on diffame autant les personnes décédées que vivantes.... et le poid de la presse et des images n'empêchera pas un changement de sitot malheureusement!

Ecrit par : fxrd | 21 juin 2006

Monsieur,

Un journaliste a une obligation d'écrire la vérité, et de prouver ses dires sur des preuves factuelles et non pas des ragots ou des révélations
Nous sommes dans un pays où la présomption d'innocence exite et pour les morts et pour les vivants
Il me semble lâche de la part de certains, de vouloir profiter d'une faille juridique quant au respect de la mémoire des morts.
J'ai eu des journalistes en ligne qui ont tenté de me faire cupabiliser parce que Farid était un marginal, cela ne leur donne d'aucune manière le droit de le salir, et d'inventer ou de faire des procés qui n'ont jamais eu lieu
D'inventer un terme injurieux qui n'est jamais paru dans la presse avant sa mort
Il a des enfants et une famille qui reste
L'article qui a fait le plus de mal est celui de Jacques Fo--rou "le retour de la mafia corse", ce journaliste au Monde, qui est dépeint dans cet article comme un indicateur des terroristes corses, et comme complice dans la fuite de plusieurs nationaux corses
http://www.investigateur.info/affaires/corse/articles/article_face_cachee.html
Devra venir apporter des preuves FACTUELLES de ces écrits, quant au Ba---in et co, même obligation,
bardin qui trouve un concombre masqué qui dit quasi mot pour mot un commentaire de ploquin à la fin du livre, parrains et caids (ba--in et pl--uin ont bossé ensemble chez marianne)
grégoire b---in est revenu 3 semaines plus tard son reportage filmer sans autorisation du Maire de Vitrolles des tombes, sans autorisation des ayants droits, et ce dans une concession, il pensait se servir de ruchs antérieures pour manipuler, sans savoir que nous avions dater son passage par un détail prouvé par une facture
L'émission complément d enquete suivante parlez de l'affaire l'affaire Clearstream, Dusquesnes a fait en sorte d'être très prudent, il ne s'est pas permis donner un surnom injurieux à Villepin ou d'affirmer des faits non prouvés ou non avérés suite à un jugement, je reste perplexe devant une telle lâcheté !


Nous verrons si le législateur confond liberté d'expression, et abus de pouvoir , lâcheté quand il y a une faille que la Cour Européenne des droits de l'homme a rectifié par une jurisprudence!
Si je suis journaliste ai je le droit d'écrire ce qui me chante comme un certain Gregory Pey--vin journaliste à Paris Match qui impute même la mort du belge à Farid ?
Nous verrons
Pour votre gouverne vous n'êtes pas autorisé à diffusé notre nom par les ayants droits de Farid.B je vous suggére d'oter ce nom de famille bien à vous...

Ecrit par : biscotte | 12 août 2006

Je suis toujours d'accord sur le fait qu'il faut respecter chacun, et ne pas diffamer...
Mais "pour votre gouverne" à vous, mon sujet ne traite pas de Farid B. mais de l'émission "Complément d'enquête". J'indique que l'émission a proposé un reportage sur cette personne. Je ne vois pas en quoi il me faut une autorisation pour utiliser ce nom! Ne voyez-pas de la diffamation et des atteintes partout.
Je vous signale aussi que vous avez à travers vos 3 messages lancé le débat concernant cette affaire, et élargi le débat concernant Farid B., en utilisant largement ce nom... Pour rappel, mon commentaire de base indiquait: " Parmi les reportages: un reportage sur l'évolution d'un caïd Farid B....." en ne citant que l'émission... sur quoi s'intéressait mon article, ne faisant qu'une simple référence à un reportage!!!!
Bien à vous....

Ecrit par : fxrd | 13 août 2006

J'ai lancé le commentaire de base ? désolée Monsieur, c'est en listant les sujets qui parle DE MON NOM pour l'Avocat que je suis tombée sur votre site, dont j'ai fais une copie écran, le fait d'être impliqué dans un fait divers ne donne pas le droit d'utiliser un nom à toute les sauces, le sujet de Dusquesne ne portait pas seulement sur lui !
Il y a eu 5 morts, en 3 jours bizarre qu'on se ruent sur un seul nom, qui était ce Roch Colombani ? un gentil représantant mort dans la fleur de l'âge ? pas une photo de ce type, qualifié de bon voyou ou de menu fretin
mais on rêve là !

Les charognards la boucle et ils ne sont plus bavards quand il s'agit de nom d'origine magrébine ?
Ils pensent que la loi ne s'appliquent pas pour tous ? promis nous en reparleront
Vous êtes mal tombés...
Si vous pouviez remplacer le nom par des initiales se seraient sympa pour ceux qui restent et qui se sont portés partie civile pour le préjudice apporté par l'utilisation, d'un nom
merci....
copie écran le 14/08/2006 à 01h55

Ecrit par : biscotte | 14 août 2006

Je ne vois pas pourquoi vous indiquez "copie écran". Pouvez vous m'expliquer cette anotation?

Je vous réexplique ce que je voulais vous faire comprendre car vous ne m'avez pas compris.
Mon sujet porte sur l'émission diffusée où je relate simplement les différents sujets qui ont été diffusés. Je me permets d'ailleurs de critiquer deux choses de l'émission mais sans aucun rapport avec votre nom. Mon commentaire ne serait pas complet si je ne donnais pas la référence d'un des quelques reportages qui ont intéressé la majeur partie de l'émission.

Je vous indique que vous avez lancé le sujet car en soit, je ne parle pas du tout de Farid B., seulement pour dire qu'un sujet de l'émission traite de cet individu; que je ne connais d'ailleurs aucunement. En soit, mon commentaire n'attire aucunement l'attention sur cette personne. Vous avez vous-même indiqué que vous aviez lancé une procédure judicaire dans les commentaires.

Je ne comprends toujours pas ce que vous reprocher à mon commentaire. Quoiqu'il en soit, par politesse, et uniquement par politesse et puisque vous me le demandez, je remplace dans mon commentaire d'origine le nom par les initiales. Cependant, demandez à votre avocat concernant mon commentaire, je ne diffame aucunement personne, et je suis tout à fait en droit de décrire une émission puisque je ne donne aucun avis personnel, ne diffame personne, mais ne fait qu'un descriptif de l'émission.

Il semble que vous vouliez utiliser les écrits de cette page par cette "copie écran". Je vous répondrais simplement: Combattez les bonnes personnes.

Ecrit par : fxrd | 14 août 2006

Je voudrais vous demander une chose, et ce, par curiosité.
En tapant le nom Farid B., on découvre de nombreuses réponses sur Google. Avez vous contacter les nombreux sites ayant écrits un article, d'autant que certains articles ne parlent que de cet individu (je vous rappelle que je ne cite que le nom). Par exemple, je pense à: Le Figaro, TF1-LCI, RMC (où je n'ai pas vu de commentaire de votre part malgré la possibilité), Libération, RTL, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Europe 1, WCorsica, France Info, La Croix.... je m'étonnes encore que vous vous attachiez à mon blog qui ne s'intéresse que très lointainement à votre nom; surtout en comparaison aux nombreuses références que je vous cites.

Bonne continuation.

Ecrit par : fxrd | 14 août 2006

J'ai contacté certains sites comme l'encyclopédie en ligne qui a oté ce nom, quant au Figaro, je pense qu'il fait partie des médias assignés
Les sites que vous référencés, vont servir de substance à l'Avocat pour montrer comment les médias ont fait passé le message dans l'opinion public, tous les commentaires sont enregistrés.

Vous savez nous sommes ayants droits, et nous pensons surtout à ses deux enfants, faire de l'argent sur le dos d'un mort en profitant d'une faille juridique et en faisant de l'argent, est écoeurant !
Sur internet les pages google disparaissent quand il s agit d'articles mais pas quand les écrits sont sur des blogs ou des sites, dont je vous redemande, de noter le nom de Farid par des initiales

Il y a d'ailleurs quelque chose qui m'intrigue, pourquoi est ce à Jacques Foll--rou journaliste au Monde, à qui la police s'est confiée dans cette affaire criminelle ?
Tout en sachant qu'en donnant des détails à ce journaliste déjà mit en cause par certains de ses confrères qui l'ont accusé d'être complice de la fuite d'Yvan Colonna et de nationaux corses (voir l'article ci dessous),
http://www.investigateur.info/affaires/corse/articles/article_face_cachee.html

En décrivant deux frères âgés de la quarentaine, d'origine corse marseillaise, et un certain patrick si--nei de son pseudo ou vrai nom, une fois de plus ces gens peuvent se reconnaitre (surtout pour les deux frères )et partir, ou se faire fumer...
Partir sur la mafia corse comme si on voulait nous dire, admirez cette puissance, silence la brise de mer est là

alors qu'il peut s'agir de 3 voyous d'origine corse


Bizarre, le 12 avril 2006 je participai à deux émissions, et un des journalistes avaient déjà eu des détails par la pj, alors pourquoi est ce Jacques Foll--rou qui a lancé ces articles notamment celui du retour de la mafia corse, où il injurie, accuse sans retenue mon proche, et épargne ce roch colombani qui était un voyou ?

Mystére n'est ce pas ?;)
Grégoire B--din qui travaille pour la production Tony C--iti (corse) a survolé ce brave roch colo--ani sans omettre d'accuser et de salir Farid
Ce brave Monsieur qui a eu affaire avec la justice quand il a été accusé de recel.
Il a obtenu une pièce d'un dossier pénal en cours, en bafouant les droits à la présomption d'innocence d'un homme politique
Il l'a échappé belle, puisqu'il y a eu prescription.
Affaire : Georges Tra---ant c/ Grégoire Ba---n, Renaud Re--m de la Baume
Ba--in fait parler un type masqué, bizarre, il lui fait dire exactement ce qui est écrit à la fin du livre de son accolyte de chez Marianne frédéric ploquin, il lui fait dire exactement ce qu'on retrouve sur un gars mort en 2000...

Ce type que j'ai eu en ligne 3 heures m'a semblé très malin, il ose prendre les gens pour des idiots, il filme une silouhette en train de se recueillir à 50 METRES le jour du tournage, et il revient de son propre chef, 3 semaines après sans prévenir personne, ni Avocat, ni ayants droits, ni Maire, , pour filmer une tombe d'une manière malsaine à 5 centimètres, en prétextant que son patron n'était pas content de ce qu'il avait, ben voyons !!!!
Ton statut de journaliste ne te donne pas le droit de te se servir d'un homme décédé pour en faire une icone des caids de cités sanguinaires, et revendeur de drogue par tonnes, quand on traite un sujet, on s'appuie sur des faits avérés et fondés, je connais le casier de Farid, et tu es mal pour le mal que tu as fais à ceux qui restent !

qui te permet de me dire, si Farid peut prouver qu'il avait un travail entre telle et telle année ? Ton métier ne t'autorise pas à jouer les fouilles merde en t'octroyant des fonctions que tu n'as pas !
tu te prends pour qui bardin ? pour un flic, un proc ? un juge, un agent du fisc ?
tu es journaliste, et la vie privée des autres ne te regardes pas,
tu as un devoir et une obligation de vérité, tout comme les historiens, et tu n'as en aucune manière le droit de raconter tes belles histoires à la France entière basée sur des révélations, en te servant de pseudos témoins cachés, qui ne parlaient pas avant par peur,
cher Bardin, dans ce milieu, on a toujours peur car il reste les amis des amis, donc ton argumentation n' est pas crédible, surtout quand ce concombre répéte mot à mot, un commentaire de ton ami ploquin
tu viendras apporter les preuves de tes dires et nous verrons !
si j'écris un livre un jour sur vos méthodes je viendrais déterrer vos cadavres, parce que vous avez une particularité vous les journalistes fouiller dans la vie des autres, salir, faire du sensationnel mais vous detestez qu'on vous rappelle vos casseroles !

Entre nous lancer un sujet sur des pseudos caids de cités, alors qu'un milieu "mafieux politique "perdure dans des régions bien précises, et qu'il y a 218 morts entre 1993 et 2001 dans la région paca, et corse, (je n'ai pas la liste entre 2002 et 2006)c'est se moquer du bon peuple !
http://www.drmcc.org/sommaire.php?tp=2&id=96

Il semble difficile de parler de la forêt, et plus aisé de broder autour de l'arbre quel courage !

Ecrit par : biscotte | 14 août 2006

Merci pour les initiales je n'avais pas lu

Ecrit par : biscotte | 14 août 2006

Voic l'article qui parle de Jacques Follourou, il est pertinent, et si l'investigateur et les auteurs du livre de la face cachée du monde (même si ils se sont rétractés)disent vrai, vous admettrez que les vrais voyous d'une mafia bien organisée, sont bien au chaud ...!
L'article de l'investigateur est toujours en ligne 3 ans après donc Jacques Follourou n'a pas eu les arguements juridiques pour se défendre des accusations graves de ce journal !
être complice dans la fuite d'Yvan Colonna et certains nationaux corses présumés impliqués dans des attentats !

Je n'avais pas lu votre commentaire je vous remercie, pour les initiales
J'espère avoir un autre article, quand j'aurai la liste des médias assignés, mais je ne rêve pas le 4eme pouvoir "est une confrérie", ou la contre vérité à du mal à s'exprimer.;)
Ils se cachent derrière leur liberté d'expression, en se servant d'un pouvoir, mais quand ils font n'importe quoi, pas de publicité ni droit de réponse ;)


http://www.investigateur.info/affaires/corse/articles/article_face_cachee.html


La Corse dans "la face cachée du Monde" : un chapitre brouillon
Samedi, 1er mars 2003

L'investigateur présente ici un chapitre de " La face cachée du Monde " de Pierre Péan et de Philippe Cohen. C'est un chapitre traitant de la Corse, l'un de nos sujets de prédilection. Il faut dire tout de suite que nous n'adhérons pas, loin s'en faut, à toutes les données exposées dans ce chapitre. Il était possible de dénoncer les turpitudes des dirigeants du quotidien français sans tomber dans ce délire qui voudrait que Le Monde soit au centre de tous les dérapages français.

Nous pensons que Jean-Marie Colombani et éventuellement Edwy Plenel ont vraisemblablement outrepassé leurs fonctions et ont abusé de leur pouvoir. Nous ne nous sommes jamais gênés pour le dénoncer. Nous pensons que Le Monde fait souvent un journalisme de "pillage ". Nous l'avons aussi dénoncé d'autant plus que nous en avons été les victimes. Mais de là à imaginer un vaste complot anti-français qui serait dirigé par Colombani parce qu'il est corse et serait fils d'un " fasciste " pro mussolinien, de Plenel parce que son père aurait été anti-colonialiste et d'Alain Minc parce qu'il incarnerait en quelque sorte un Juif errant revisité par la plume d'un investigateur vieillissant et un idéologue en panne d'idées, c'est un pas que nous ne franchirons.

Tout cela est en définitive très français. On se bat en des guerres dérisoires alors que le monde est au bord du gouffre. On se contemple le nombril et on mesure son sexe dans une cour d'école pour enfants attardés.

Ce livre est un mauvais coup porté à la cause qu'il prétend défendre. Mal fagoté, bourré de fautes d'orthographes, il donne l'impression d'être un objet indésirable. Il se vendra parce que le bon public qui se fout du monde aime voir les rois et les reines prendre des baffes dans la figure. Mais c'est le même public qui adorera de nouveau l'idole tombée à terre. Or le livre atteindra peut-être les 200.000 exemplaires vendus. Mais le nombre d'erreurs factuelles qu'il comprend (y compris dans le chapitre que nous reproduisons ci-dessous), les raisonnements tirés par les cheveux, feront que demain, l'éditeur et les auteurs paieront très cher leur manque de rigueur.

Pour nous autres Luxembourgeois, il y a quelque bonheur à contempler Le Monde, incarnation même de la prétention française, se faire donner une fessée en public. Mais comme nous le disions précédemment, les adversaires du Monde ne valent guère mieux que Le Monde lui-même. L'inoxydable Canard Enchaîné n'a-t-il pas fait de la rétention d'informations concernant un certain nombre de secrets d'état ?

Il est difficile d'appartenir au pouvoir et de critiquer le pouvoir. Répétons nous : Péan aurait mieux fait de publier son livre seul. Ses sources diverses et variées auraient pu lui permettre d'établir un bilan rigoureux, honnête et inattaquable.

Pour le reste nous remarquons que sur la Corse, les auteurs ont les mêmes sources que nous ou alors nous ont joyeusement pillé sans nous citer. C'est dommage. Cela montre simplement qu'ils ressemblent étrangement à l'objet de tout leur ressentiment.

Un " Monsieur Corse " nommé Le Monde

Le Monde s'est engagé en faveur du " processus de Matignon" sur la Corse. Qui pourrait le lui reprocher? L'histoire du quotidien n'est-elle pas constituée d'engagements de ce type, depuis celui de Beuve-Méry en faveur du neutralisme, puis contre la guerre d'Algérie, jusqu'à la prise de position de Jacques Fauvet en faveur de l'Union de la gauche ? Il ne s'agit donc pas ici de critiquer Le Monde sur une de ses prises de position, mais de montrer comment Jean-Marie Colombani a instrumentalisé le gouvernement sur le dossier corse dans le but de lui imposer des concessions vis-à-vis des mouvements nationalistes ; comment le quotidien s'est érigé en une sorte de "Monsieur Corse officieux, distribuant bons et mauvais points aux différents protagonistes de cette pièce compliquée ; comment, enfin, la position de médiateur qu'il s'est arrogée a progressivement glissé vers celle de porte-parole des nationalistes, allant jusqu'à " expliquer " les crimes et délits auxquels a partie liée cette mouvance politique.

Nous avons choisi de situer le début de ce récit à la Mutualité, à Paris, le 26 janvier 1995. Le lendemain, à Bercy, doit se dérouler une manifestation culturelle intitulée " Parler, chanter, fêter la Corse ". Le journaliste du Monde Philippe-Jean Catinchi ne mégote pas sur les louanges pour annoncer la manifestation: " C'est un pari fou que celui tenté vendredi 26 et samedi 27 janvier par le groupe corse I Muvrini : rassembler à Paris compatriotes et amis de l'île pour partager un message "de fraternité, de tolérance et de justice, d'espoir et de paix" dont l'actualité dément avec obstination l'écho (...). De quoi s'agit-il? (...) De proposer une autre image de l'île, de traiter "sans complaisance et aussi sans a priori" la question corse, de redéfinir l'identité insulaire en forum public [vendredi 26 à la Mutualité] et de prêcher l'exemple [le lendemain au Palais omnisports de Paris-Bercy] par le chant, tradition toujours vivante, avec Petru Guelfucci, A Filetta et I Muvrini. "

Pourquoi tant d'emphase ? Pourquoi un tel enthousiasme à l'annonce d'une manifestation culturelle traitée par la presse quotidienne régionale avec davantage de neutralité ? C'est que le débat à la Mutualité du 26 janvier est animé par Jean-Marie Colombani et Christine Ockrent.

Le lecteur du Monde ignore toutefois la composition de la tribune présidée par ces deux personnalités. Le journaliste a omis de préciser qu'il y a là Jo Peraldi, Charles Pieri, François Santoni, tous responsables de " vitrines légales" elles-mêmes proches d'organisations clandestines, davantage occupées d'ordinaire à faire parler la poudre qu'à favoriser l'expression des sensibilités artistiques de l'île de Beauté. Tous ces responsables se sont d'ailleurs déplacés avec leurs gardes du corps, ce qui indique leur confiance toute relative dans le caractère pacifique de la manifestation culturelle. Dans le compte rendu du Monde, le lecteur n'apprendra pas non plus que le débat " chaleureux" de la Mutualité a débuté par une longue intervention, scandée avec un fort accent corse, venue du fond de la salle et saluant " madame Christine Ockrent, que nous connaissons bien car elle a sa maison chez nous, à Bonifacio ", sans doute manière d'insinuer ironiquement que la star de la télévision s'est acquittée, par sa présence à la tribune, d'un acompte - symbolique ! - sur l'impôt révolutionnaire.

Cinq ans plus tard, dans son livre-plaidoyer pour la Corse, Les Infortunes de la République, le directeur du Monde expliquera les raisons philosophiques qui motivent son indulgence envers le racket perpétré par certains nationalistes: "En Corse, c'est toujours la citoyenneté qui donne droit à la propriété, comme à Rome ; et non l'inverse, comme dans la France du Code civil, ou dans celle, censitaire, de la monarchie de juillet où il suffisait d'être propriétaire pour avoir le droit de concourir à la magistrature. Dans ce droit insulaire, il faut être "adopté" par une tribu corse pour pouvoir construire... Ou, le cas échéant, verser le tribut au FLNC, comme le faisaient aux citoyens romains les étrangers de statut "latin" (le plus favorable) ou "pérégrin" (le moins commode). Dire qu'il faut "rétablir l'état de droit" en Corse est donc impropre. Car c'est méconnaître l'île et ses habitants. La Corse n'a jamais été un pays de non-droit. Elle est même un pays de droit plus ancien, archaïque au sens exact et rigoureux du terme : elle est tout à fait républicaine, au sens où l'était Rome, et son anomie apparente ne provient pas d'une absence de droit, mais du conflit enraciné de plusieurs droits immémoriaux. "

Voilà un raccourci saisissant de la logique du directeur du Monde. Elle nous aide à mieux comprendre la ligne aberrante qu'il va imprimer à son journal. Il faut en effet garder en tête cette rhétorique qui fait fi de la loi et excuse un " droit " fondé sur la seule force armée - au nom duquel des citoyens ont vu leur maison brûler ou ont même trouvé la mort. Indéniablement, elle montre la détermination du directeur du Monde, qui se révèle disposé à légitimer des pratiques criminelles par un archaïsme de bon ton, prêt à voir bafouer ou distordre tous les principes de l'état de droit pour sauvegarder ce qu'il croit être son lien sacré avec la terre corse.
Mais revenons à la Mutualité. Toute la complexité du dossier corse est synthétisée par la présence à la tribune de " nationalistes démocrates " côtoyant les nationalistes tout court et les démocrates " compréhensifs " à l'égard des nationalistes clandestins : sont rassemblées ce jour-là, une fois n'est pas coutume, les vitrines légales et clandestines du nationalisme, ainsi que leurs protecteurs médiatiques...

Des actes, des paroles, des silences, mais surtout des hommes. Tels sont les différents aspects que revêt, à partir de l'accession de Jean-Marie Colombani à la direction du Monde, la couverture éditoriale de la Corse.

Les hommes sont bien entendu essentiels. Pour contrebalancer le travail de correspondants locaux, forcément plus exposés aux pressions de leurs sources, Le Monde utilisait jusque-là les services d'envoyés spéciaux. Dans les années 1980, Danièle Rouard et Philippe Boggio effectuèrent de nombreux reportages sur l'île de Beauté. En 1995, Le Monde dépêche sur place Eric Fottorino. L'hebdomadaire U Ribombu, organe officiel de la Conculta (et à peine officieux du FLNC-Canal historique), la principale tendance du mouvement nationaliste, critique son travail. C'est la dernière fois que l'hebdomadaire nationaliste aura à se plaindre du Monde. Désormais, la couverture éditoriale du quotidien va être " corsisée ". Il ne s'agit pas tant d'" ethniciser " le travail journalistique que d'adopter, pour chaque article, ce qui est supposé être " le point de vue corse ".

Cette " corsisation " passe d'abord par un homme, Michel Codaccioni. Ce journaliste d'une cinquantaine d'années devient une sorte de tour operator, monopolisant la couverture journalistique corse : il est à la fois correspondant du Monde, correspondant de France Inter et de France Info ; et il dirige la rédaction de Radio Corse Frequenza Mora, la radio locale corse du groupe Radio France. Ainsi, s'il le souhaite, il peut faire circuler la même information sur quatre médias différents ! À l'inverse d'Éric Fottorino, Michel Codacccioni a la cote auprès de l'hebdomadaire U Ribombu qui lui rend hommage à l'occasion de sa promotion à la tête de la station Radio Corse Frequenza Mora (RCFM).

En 1998, Michel Codaccioni publie un livre sur l'assassinat du préfet Erignac. Un livre abscons, à la limite de l'incompréhensible. Un livre qui déclenche pourtant une polémique avec Guy Benhamou, journaliste à Libération et spécialiste de la Corse. Il convient de rappeler qu'à ce moment-là, Benhamou est la victime désignée des nationalistes corses, plus précisément de la Conculta, du FLNC Canal historique et de l'hebdomadaire U Ribombu. En mars 1996, son domicile familial a été mitraillé. Quelque temps plus tard, alors qu'il a été placé sous protection policière, on peut lire dans l'hebdomadaire U Ribombu:

" Qui l'eût cru ? Une rafale qui transperce opportunément son bungalow, et voici Guy Benhamou promu martyr de la liberté d'expression ! Au pays de Descartes, il n'en faut pas plus, apparemment, pour transformer un médiocre pisse-copie spécialiste de la désinformation en champion des Droits de l'Homme prétendument menacés. C'est Zola qui doit se retourner dans sa tombe! "

Le même hebdomadaire publie quelques mois plus tard un nouvel article sur Benhamou, qui laisse poindre un antisémitisme évident:

"Qui est, au juste, Guy Benhamou, officiellement pissecopie au torchon Libération ? A priori, rien ne semblait prédestiner ce Juif pied-noir, présenté par ses confrères comme un spécialiste des volcans, à jeter son dévolu sur l'affaire corse au point de devenir le principal désinformateur de la presse hexagonale (...). Tout s'éclaire lorsque l'on apprend que l'infect Benhamou, ancien militant trotskiste, entretient présentement une relation avec la propre cousine d'Alain Orsoni, lequel, dit-on, l'approvisionne en rumeurs et autres fausses informations, mais également en espèces sonnantes et trébuchantes (...). En toute hypothèse, une chose est certaine en dépit des informations du plus infâme des plumitifs de Libé, les rues d'Ajacciu sont infiniment plus sûres pour François San toni que pour lui-même."

Voilà comment les nationalistes peuvent se substituer à la loi pour prononcer un véritable arrêté d'expulsion. Benhamou est définitivement persona non grata sur l'île. Le correspondant du Monde, Michel Codaccioni, trouve sans doute cette mesure justifiée ; en tout cas, toute la thèse de son livre repose sur une idée fixe: Guy Benhamou et Libération, à la différence du reste de la presse, ont fait de la publicité au groupe Sainpieru en publiant ses communiqués relatifs à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, le 9 octobre 1997 ; or on sait que les armes qui y furent subtilisées ont servi à l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998. Dans son ouvrage, Codaccioni note que Libération a publié à nouveau un communiqué de Sampieru le 21 janvier 1998. À partir de ces informations totalement imaginaires (Libération n'a jamais reproduit de communique du groupe Sampieru avant l'assassinat du préfet Erignac), Codaccioni construit un roman policier dans lequel Benhamou et Libération deviennent les complices " objectifs " du meurtre du préfet ! En réalité, le correspondant du Monde ne fait là que populariser la thèse du FLNC-Canal historique selon laquelle, comme on l'a vu, Guy Benhamou serait au service d'Alain Orsoni, chef du MPA. On mesure la gravité de cette accusation qui fait de Benhamou, étiqueté MPA, une cible évidente pour le FLNC-Canal historique, en pleine guerre entre groupes armés clandestins.

La réaction de Guy Benhamou ne se fait pas attendre. Malgré la tentative de Jean-Marie Colombani de " négocier " avec Serge July une réaction plus discrète, Libération publie le 29 juin 1998 un article terrible pour la déontologie de Codaccioni. Une plainte est déposée en référé. Michel Codaccioni est condamné à un mois de prison avec sursis. Son livre sera réimprimé sans le passage incriminé. Il doit s'excuser piteusement de sa bévue dans une lettre à Serge July, directeur de Libération " Je veux, donc, vous dire mes regrets et excuses ; excuses à toute la rédaction de Libération ; excuses à vous Serge July; et excuses, bien sûr, à Guy Benhamou dont je sais qu'il a fait l'objet de menaces, et pour lequel j'ai une pensée toute particulière. " Le 3 juillet 1998, Le Monde publie un entrefilet sans commentaire sur cette affaire. Mieux vaut, en effet, ne pas trop insister. Mais la signature de Codaccioni continuera d'apparaître dans le quotidien : après tout, ses journalistes ne sont-ils pas libres de publier ce qu'ils veulent?

Il convient néanmoins de distinguer les torchons des serviettes. Désormais, la couverture éditoriale de la Corse ressemble à un mille-feuille. La couche noble, " éditoriale", revient à Jean-Louis Andreani et, pour les jours de grand gala, à Jean-Marie Colombani en personne. Ariane Chemin gère la couche " politique " depuis Matignon"). Enfin, l'étage "investigations " est confié à Jacques Follorou ; ce dernier, comme Ariane Chemin, travaille sous l'étroit contrôle du chef pâtissier Edwy Plenel.

Quoi qu'il en soit, Le Monde est le seul journal à trouver grâce auprès des nationalistes. U Ribombu n'en finit pas de tresser des louanges au " travail " de Jean-Louis Andreani qui s'est, de fait, rapproché de Colombani alors que ses positions sur la Corse étaient réputées plutôt modérées dans les années 1980 : " Exception notable au sein d'une presse tout entière occupée à tirer à boulets rouges sur les Corses en général et le mouvement national en particulier, le quotidien Le Monde se livre - notamment sous la plume de J. L. Andreani - à une analyse fine et remarquablement objective de la situation. Enfin une information digne de ce nom" ! " De la part d'un journal qui succombe si facilement à l'antisémitisme, mais aussi au racisme anti-maghrébin et aux insultes sexistes (lors des manifestations de femmes contre le terrorisme), l'éloge devrait donner à réfléchir...

On retrouvera le même Andreani lors d'un regroupement maçonnique, réunion tenue dans un hôtel parisien, le 21 février 2000, sous l'égide du groupe inter-obédiences " Moro Giafferi ". Il s'agit alors d'accompagner les négociations entamées dans le cadre du " processus de Matignon ". Une centaine de personnalités corses, du barreau, de la politique et des médias, répondent à l'invitation de M Marchi. La liste des invités est intéressante. Outre Jean-Louis Andreani se sont déplacés les députés Démocratie libérale José Rossi et Jacques Dominati, le député RPR Roland Francisci, le leader indépendantiste Jean-Guy Talamoni, le prince Napoléon, le sénateur Caillavet, ainsi que le très à droite doyen de la faculté de Droit d'Aix-Marseille, Charles Debbasch. La dimension œcuménique de la réunion n'échappe à personne. Un document issu du ministère de l'Intérieur fait état de l'ambiance très " consensuelle " qui y règne. Il y a là, à côté de personnalités modérées, des membres connus de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche. Ainsi Roger Holeindre, membre de la direction du Front national, ancien de l'OAS et d'Ordre Nouveau, se fait-il remarquer en affirmant " la similitude de vues entre partisans de la préférence nationale [sic !] et indépentantistes corses soucieux de réduire aux seuls insulaires le droit de se prononcer sur l'avenir de leur territoire ". Cette assemblée, menée cinq heures durant de main de maître par José Rossi, débouche sur
une synthèse qui devrait être proposée aux pouvoirs publics à l'occasion d'une réunion prévue à Matignon avant la présentation d'un avant-projet de loi ".

Si Le Monde rend compte des travaux de cette assemblée, notamment de la proposition de José Rossi d'un transfert de compétences à l'Assemblée corse, l'article d'Ariane Chemin omet d'évoquer la " convergence " soulignée par Roger Holeindre... Préférence locale ou nationale : il y a pourtant là toutes les preuves manifestes d'un complot "rose-brun.

Ainsi, pendant que le quotidien Le Monde - comme on va le voir - diffuse la thèse de la " trêve des attentats ", son responsable en charge des régions donne, par sa présence, la caution du journal à une réunion " transcourants" d'un genre nouveau, rassemblant des personnalités issues de tout l'échiquier politique, de l'extrême-droite lepéniste à l'extrême-gauche favorable à la lutte armée.

Un troisième Corse s'exprime dans les colonnes du Monde. Son nom n'apparaît pas dans l'organigramme du journal. Il n'est d'ailleurs pas formellement journaliste. Il signe ses papiers dans la rubrique " Horizons ". Son rôle est toutefois notable. Gabriel-Xavier Culioli est un ancien militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) qui, dans les années 1970, a envisagé, avec d'autres, de fonder une section corse de la IVe Internationale. Il a ensuite émargé à l'Accolta Naziunale Corsa (ANC). Il connaît depuis longtemps Edwy Plenel avec lequel il a été en contact, en novembre 1985, à propos d'un d'attentat meurtrier contre un membre du FLNC dans le parking du George V. Ses liens avec Jean-Marie Colombani paraissent évidents à l'universitaire Emmanuel Bernaeu Casanova: " Jean-Marie Colombani entretient avec Gabriel-Xavier Culioli, un ancien dirigeant nationaliste de l'Accolta Naziunalista Corsa, des relations privilégiées. Ce n'est un mystère pour personne, ce que Jean-Marie Colombani ne peut décemment exprimer dans Le Monde, Gabriel-Xavier Culioli a toute licence pour l'écrire dans les pages "Horizons-Débats" en qualité d"écrivain corse". " Dès le 23 novembre 1990, alors qu'il n'est pas encore à la tête du journal, Jean-Marie Colombani se fend lui-même d'une longue chronique sur le livre que vient de publier Culioli.

Entre 1996 et 2001, Culioli aura publié dans Le Monde une bonne dizaine de papiers, dont certains d'une importance "stratégique ".

Jusqu'au processus de Matignon, Gabriel-Xavier Culioli est officiellement employé en tant qu'administratif par une université parisienne ; à partir de 2000, il est recruté à l'université de Corte par son président, connu comme nationaliste. Il semble passer le plus clair de son temps à rédiger des articles dans la presse locale et nationale. Un dossier sur les clandestins, publié par le magazine Corsica, démontre la connaissance pointue qu'il a des mouvements armés... et l'indulgence qu'il manifeste à leur endroit : " La lutte corse est l'un des combats identitaires qui, en Europe, a coûté le moins cher en vies humaines. Le conflit irlandais a en effet tué 3 400 personnes, tandis que celui du pays Basque avoisine les 900 tués. En Corse, chiffre accablant, ce sont les nationalistes qui ont tué le plus de nationalistes. Le dernier gendarme abattu pour des raisons politiques l'a été en 1987. À l'inverse, le nombre d'années de prison infligées aux militants est impressionnant : plus de deux mille à ce jour. " La référence au dernier gendarme " assassiné en 1987 " est scandaleuse : outre que d'autres crimes ont été perpétrés depuis lors (mais Culioli les considère sans doute comme apolitiques "), il fait l'impasse sur les assassinats du préfet Erignac et d'autres responsables (pompiers, président de tribunal) imputables aux violences terroristes.

Culioli ne fait là que reprendre les éléments d'un autre article publié dans Le Monde le 25 mai 2001. Il y défend l'action des clandestins " qui payèrent souvent de leur liberté des actions désignées comme illégales, même lorsqu'elles visaient à faire appliquer des décisions de justice restées lettre morte ". Le 16 août 2000, il s'en est pris aux " plumitifs et dessinateurs [qui] brocardent notre petit peuple tour à tour humilié ou révolté par ce traitement inique qui se perpétue depuis des siècles au gré des crises cycliques. Qu'ils sachent seulement, ces massacreurs en chambre, que chacun de leurs articles est photocopié et lu dans toute l'île et que chaque lecture apporte chaque jour plus de voix aux indépendantistes ". On ne saura jamais si cette saillie au style si particulier, qui rappelle celui des années trente, désigne le dessinateur du Monde, Plantu, que Jean-Marie Colombani épingle par ailleurs dans son livre18, ou Pétillon, auteur d'une bande dessinée à succès, ou bien les deux...
Culioli atteint, si l'on peut dire, le sommet de son art au cours de l'été 2002. Le 8 août, Le Monde reprend l'essentiel d'une longue interview de "jean-je " Colonna, accordée au mensuel Corsica. Jean-Jé Colonna est considéré par beaucoup comme un parrain corse du Milieu. Dans son rapport remis en 2000 à Élisabeth Guigou, ministre de la justice, le procureur Bernard Legras écrivait sur lui

" Tous mes interlocuteurs m'ont présenté Jean-Baptiste Jérôme Colonna comme l'élément majeur, incontournable de la criminalité organisée en Corse-du-Sud. Mais, pour citer le responsable d'un service local: "Tout le monde a planché sur lui, le fisc a beaucoup travaillé, en vain." Vérifications faites, aucune procédure n'est actuellement diligentée à l'encontre de M. Colonna ; aucune condamnation ne figure à son casier judiciaire (...). L'intéressé est habituellement présenté comme le véritable propriétaire de plusieurs établissements de nuit du sud de l'île, dirigés par des prête-noms. Il aurait des intérêts importants en Afrique et en Amérique. " Bref, un honnête commerçant qu'il importait de réhabiliter d'urgence auprès des lecteurs du Monde ! L'interview de Culioli se conclut par ce passage savoureux: "J'ai mené ma vie comme doit le faire un Corse d'honneur. Rien de plus, rien de moins. J'ai apporté mon soutien à de pauvres gens contre des personnes plus puissantes. Et j'ai l'intention de continuer sur cette voie." Apparemment, le plaidoyer de jean-je a eu raison de la légendaire méfiance des journalistes du quotidien de référence ; sous l'interview de Colonna, un articulet conclut: "Jean-Jé Colonna nie naturellement être "le dernier parrain corse" et admet tout au plus un aimable rôle de juge de paix qui "rend des services dans la mesure de ses moyens". L'homme est sans doute trop modeste, mais le costume qui lui a été taillé dans la légende de la French Connection est sans doute un peu grand pour lui. " Amen ! Et merci, Le Monde, pour cette contribution à la paisible et heureuse retraite des " entrepreneurs " corses... Toutefois, la justice ne semble pas vouloir l'entendre de cette oreille : en octobre 2002, un mandat d'arrêt a été lancé contre le "juge de paix " dans le cadre d'une information portant sur les conditions de revente d'un hôtel haut de gamme à Propiano.

Enfin, il convient d'en venir au cas de Jacques Follorou, le plus délicat sans doute puisqu'il permet de déterminer le moment où le quotidien change de registre, quittant le ministère de la parole pour le statut de véritable acteur du dossier corse. C'est Follorou qui suit en effet l'évolution de l'enquête sur les assassins du préfet Érignac. Le 3 février 1999, Le Monde publie des révélations importantes sur le commando qui a organisé l'assassinat du préfet. Le scoop est signé de Follorou. N'y figurent pas de noms, mais l'article comporte un tel luxe de détails que les membres du commando peuvent aisément se reconnaître et s'inquiéter de la surveillance dont ils font l'objet. Ainsi le papier précise que "le commando compterait dans ses rangs d'anciens activistes du FLNC localisés dans la vallée de la Gravone ou au col Saint-Georges. Déjà condamnés dans plusieurs affaires, ses membres seraient rompus aux techniques militaires et à la vie en clandestinité (…). Ils auraient agi avec des personnes condamnées pour des affaires de droit commun et réinsérées professionnellement dans l'automobile ". Plus loin, on lit qu'" un ancien légionnaire, soupçonné d'exercer des fonctions d'instructeur au sein de la mouvance nationaliste, pourrait avoir joué un rôle dans la préparation de cette opération ".

Mettons-nous trente secondes à la place de cet " ancien légionnaire ", ou bien de cet ancien du FLNC de la vallée de la Gravone ou du col Saint-Georges, ou bien encore dans la peau d'un ancien droit commun recyclé dans l'automobile : si l'on ne comprend pas sur le champ qu'il convient de filer à l'anglaise, c'est qu'on ne mérite pas de figurer dans une armée de libération clandestine

Plusieurs responsables liés à l'enquête dénonceront plus tard cet article du Monde. En premier lieu le ministre de l'Intérieur, par un communiqué. Puis le juge Bruguière, chargé de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, a violemment mis en cause le quotidien dans sa déclaration devant la Commission parlementaire: " ... Cela étant, ce qui a eu un effet encore plus négatif, c'est l'article du journal Le Monde sur ce qu'il est convenu d'appeler les notes Bonnet, d'autant plus qu'il a été publié à une époque où nous n'étions pas près de conclure (...). Ma conviction profonde est que Le Monde, son rédacteur ou certains lobbies, ont cherché délibérément - je dis bien délibérément -, sachant que l'enquête progressait, à tout faire pour qu'elle ne sorte jamais! Ce journal a joué contre l'État! C'est mon sentiment profond et c'est ma responsabilité de le dire : je répète que Le Monde a joué contre les intérêts supérieurs de l'État par une manœuvre délibérée et perverse tendant à faire en sorte que cette enquête n'aboutisse jamais. "

Le juge Gilbert Thiel, chargé de son côté de l'enquête sur l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella et par ailleurs très opposé au juge Bruguière, ainsi que le révèlent les travaux de la Commission parlementaire, le rejoint pourtant sur ce point: " Cet article [du 3 février 1999] mettait le doigt là où ça fait mal, puisqu'il relatait la démarche quelque peu chaotique de l'enquête. C'est normal : il s'agit là de la liberté de la presse. Et du droit de ses lecteurs à connaître l'existence d'un certain nombre de dysfonctionnements. Sauf... sauf que cet article ne se contentait pas de relater ceux-ci, puisqu'il précisait aussi que les services de police avaient identifié les auteurs de l'assassinat du préfet Érignac. Mais que, précisément, les dysfonctionnements de l'appareil répressif ne permettaient pas de les confondre. Suivaient de longs développements aux termes desquels l'assassinat avait été perpétré par "des déçus du nationalisme" qui s'étaient radicalisés et structurés en deux groupes, l'un, celui des commanditaires, basé en Haute-Corse, l'autre, celui des exécutants (le terme est approprié), en Corse-du-Sud. Ce dernier groupe, précisait le journal du soir, était composé de cinq ou six personnes connues pour leur passé d'activistes. Cet article contenait de telles précisions qu'il était loisible à tout observateur avisé de la mouvance clandestine d'identifier au moins certains membres du commando (...). Les membres du commando ont donc ainsi été informés de ce qu'ils étaient identifiés. Quant aux lecteurs du Monde, je doute fortement- c'est un euphémisme - qu'ils aient eu besoin, pour leur information, de ce luxe de détails. "

Admettons. Admettons que Jacques Follorou se soit pris - de façon inconsidérée, mais enfin... - à son propre jeu: voulant démontrer la valeur de son investigation, il fournit par inadvertance des informations utilisables par les membres du commando. Plusieurs éléments nous autorisent cependant à douter de cette interprétation généreuse. Le premier concerne le contexte de l'enquête. La source de l'article de Jacques Follourou est clairement identifiable : le 9 décembre 1998, le juge Gilbert Thiel a dessaisi la gendarmerie de l'enquête sur l'attaque de la caserne de Pietrosella, dont le lien, on l'a vu, est direct avec celle sur l'assassinat du préfet. Or, les gendarmes sont proches du préfet Bonnet qui bénéficie lui-même d'informations émanant d'une source interne - nom de code : Corte - à la mouvance nationaliste. Ces informations, qui nourrissent l'essentiel du papier de Follorou, ont permis de réorienter l'enquête jusqu'à l'arrestation de la plupart des membres du commando en mai 1999. Mais, au moment où Follorou en fait état - le 3 février 1999 -' la police ne les a pas encore exploitées : pour cela, il fallait filer les suspects, observer leurs comportements, mettre en place des écoutes téléphoniques, ainsi qu'on nous l'a confirmé de source policière et judiciaire. Voilà pourquoi le juge Bruguière précise dans sa déclaration que l'article " a été publié à une époque où nous n'étions pas près de conclure ".

En réalité, il semble bien que Jacques Follorou savait parfaitement ce qu'il faisait. Un document du ministère de l'Intérieur daté du 11 mai 1999 note que " le journaliste avait été mis en garde, personnellement, des risques qu'il faisait porter à l'efficacité de l'enquête en publiant des détails opérationnels qui, dans la période début décembre à début février, avaient été exploités sur un plan opérationnel et procédural. Durant cette même période, d'autres journalistes nationaux s'intéressaient également à ces fuites, mais par souci déontologique, avaient préféré mettre un embargo sur leur publication. De plus, les éléments contenus dans la fuite du Monde portant sur la tentative d'assassinat du préfet Erignac envisagée au cours du match de volley-ball, courant janvier, et la préparation d'un attentat contre la gendarmerie de Belgodere, n'étaient connus que du seul préfet de région qui manipulait une source humaine et donnait les éléments recueillis pour exploitation au colonne] Mazières et au GPS.

Plus loin, la même note précise : "Plusieurs semaines après cette exploitation médiatique qui devait faire grand bruit sur l'île, et rendre très méfiants les objectifs sur-
veillés, Jacques Follorou devait confier "off" qu'il avait commis là une profonde erreur et regrettait d'avoir publié, malgré plusieurs mises en garde, des éléments d'enquête qualifiés de stratégiques pour la conduite des opérations judiciaires futures (notamment l'adresse de la résidence A Mandarina)."

Mais ce dernier oublie vite ses regrets. Le 23 mai 1999, Le Monde publie en effet un nouveau scoop relatif à l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac. " Tombé " le 22 mai à midi, il est aussitôt faxé sur l'île. Dès le début de l'après-midi, des photocopies y circulent dans différents débits de boisson... L'article relate l'arrestation de quatre membres du commando, le 21 mai au matin: Alain Ferrandi, jean Castella, Pierre Alessandri et Didier Maranelli. Il précise ensuite que " le groupe compte également d'autres figures qui n'ont pas été inquiétées, comme joseph Caviglioli, gérant d'un motel à l'entrée de Cargèse, qui fut un temps au MPA et qui a rejoint depuis les rangs de Corsica Viva. Dans son entourage, on note la présence de ses deux beaux-frères, Yvan et Stéphane Colonna (...). Yvan Colonna, berger, a élevé ses enfants dans la seule langue corse, avant qu'ils n'intègrent le système scolaire. Représentant la Cuncolta à Cargèse, il milite pour un nationalisme intransigeant. Stéphane Colonna, qui tient une paillote sur une plage voisine, paraît beaucoup plus modéré. "

On ne peut être plus clair: le soir même, Yvan Colonna prend le maquis, et il n'a pas été rattrapé depuis lors. Avant de disparaître, il s'est cependant autorisé un dernier pied de nez aux autorités sous la forme d'une interview diffusée au journal télévisé de TF1, le soir même...
Intervenant devant la Commission parlementaire de l'Assemblée nationale, le directeur général de la Police nationale, Didier Cultaux, met lui aussi en cause le même article du Monde:

" Lorsque, à la Pentecôte, nous sommes passés à l'action et alors que nous ne savions pas qu'Yvan Colonna était dans le coup, un article très détaillé est paru dans Le Monde. Sorti à 13 h 30, ameutant certains, il a été faxé en Corse et a été utilisé dans une prise d'interview! On ne nous a pas facilité la tâche. "

Yves Bertrand, directeur central des Renseignements généraux, est encore plus précis:
" S'il nous a échappé [il s'agit toujours d'Yvan Colonna], c'est à cause d'un article paru dans Le Monde, ce qui lui a laissé le temps de faire une conférence de presse et de disparaître. "

Pourquoi donc Le Monde a-t-il évoqué Yvan Colonna? Le journaliste le savait-il coupable avant même les policiers ? Est-il concevable qu'on ait cité son nom pour faciliter sa fuite ? Nous reviendrons sur ce point...

Trois ans plus tard, le 2 octobre 2002, Le Monde commet le même type de " bévue " sous la plume, cette fois, d'Ariane Chemin. L'article porte sur l'enquête menée sur l'assassinat de François Santoni. Commentaire du juge Gilbert Thiel: "Dans ce papier figurait notamment l'identité complète de deux individus, l'un étant décédé depuis une année, présentés comme deux des principaux suspects du crime de Monacia-d'Aullène (...). De deux choses l'une : soit ces personnes ne sont pas impliquées dans la commission de ce crime et bonjour la présomption d'innocence si chère, dans le discours, au grand quotidien du soir; soit elles le sont, et merci pour l'enquête, dont certains éléments sont ainsi publiquement dévoilés grâce aux criminelles indiscrétions de saboteurs patentés ou d'irresponsables confirmés"

L'article d'Ariane Chemin suscite une véhémente protestation.., sur le site Internet de l'hebdomadaire luxembourgeois L'Investigateur. Selon Jean Nicolas, son rédacteur en chef, la journaliste du Monde, contrairement à ses confrères, a puisé, sans citer ses sources, dans un article que son périodique a publié sur son site le 9 septembre. Or, ledit article formulait deux hypothèses concernant l'assassinat de François Santoni : la première conduisait à la piste du grand banditisme, et c'est celle-ci qu'a reprise la journaliste ; mais la seconde menait, elle, directement à Charles Pieri, figure historique du FLNC, que François Santoni accusait d'avoir été à l'origine de l'assassinat de Jean-Michel Rossi et de plusieurs membres d'Armata Corsa. Le jour même de la parution de l'article d'Ariane Chemin, le 1er octobre 2002, l'avocate Christel Baldocchi, dernière compagne de François Santoni, déclarait à l'AFP : "Je pense qu'il faut accueillir ces informations avec beaucoup, beaucoup de prudence. Le mobile annoncé [la vengeance], qui remonte à six ans, n'a rien de crédible. Il ne m'apparaît pas sérieux. Je privilégie toujours la piste politique. " Bien entendu, Le Monde n'a pas rendu compte des réserves de l'avocate... Et pour cause

L'attentat meurtrier contre François Santoni, ainsi que les assassinats en série des membres d'Armata Corsa, ont été dépolitisés et traités par Le Monde comme autant de faits divers, comme si le journal cherchait à en occulter la dimension politique. Comme si, en fin de compte, le groupe Armata Corsa, seul groupe nationaliste hostile au " processus de Matignon ", devait être décimé dans le plus profond silence.

Ainsi, à trois reprises entre 1999 et 2002, les "scoops " du Monde ont pu être utilement mis à profit par des criminels pour se soustraire à la traque des enquêteurs.

Mais la politique corse du Monde ne relève pas seulement de la page des faits divers ou de la rubrique policière. Ce quotidien, qu'on se le dise, défend des idées. Sur ce dossier précis, il a même cherché à prôner et mettre en œuvre la politique qui va devenir celle de l'État. Un bref retour en arrière s'impose pour mieux le comprendre.

Nous sommes en 1997. Lorsque Lionel Jospin emménage à Matignon, la doctrine gouvernementale sur la Corse se situe dans le prolongement de la politique de retour à l'état de droit décidée par Alain Juppé après la conférence de Tralonca, en janvier 1996, et l'attentat contre la mairie de Bordeaux, le ier juillet 1996. Cette politique est d'autant plus poursuivie qu'elle sied parfaitement à Jean-Pierre Chevènement. Néanmoins, il n'y a pas de " Monsieur Corse " à Matignon. Le Premier ministre ne souhaite d'ailleurs pas aborder ce dossier dans la première phase de la cohabitation avec Jacques Chirac.

Ce statu quo perdure jusqu'à l'assassinat du préfet Claude Érignac, le 6 février 1998. Jospin est alors rattrapé par la crise corse. Il lui faut réagir. D'abord par la nomination d'un préfet déterminé ; ensuite, par l'adoption d'une nouvelle politique : celle du retour à l'état de droit. Jamais, en effet, l'État républicain n'a été dans une position aussi favorable en Corse. Quarante mille personnes ont manifesté contre l'assassinat du préfet. Témoins et analystes affirment que, cette fois, la population corse, épuisée par vingt années de violences, soutiendra une politique de fermeté. Pour l'heure, les partisans du dialogue avec les nationalistes font le dos rond. Mais cette discrétion ne va pas durer.

Pour de simples observateurs, le changement de cap par lequel le gouvernement Jospin est passé de la politique dite " de l'état de droit " au " processus de Matignon " a été provoqué par l'affaire des paillotes, survenue en avril 1999. En réalité, le " dérapage " de la paillote, auquel les médias ont accordé une importance disproportionnée, n'a fait que précipiter une évolution déjà sensible.

Même si son magistère a comporté d'indéniables aspects positifs, le préfet Bonnet ainsi que ses hommes ont parfois appliqué les lois et règlements avec un zèle aveugle.
Les tracasseries touchent ainsi des centaines de Corses modestes, petits entrepreneurs ou artisans, qui éprouvent des difficultés à contracter le moindre crédit ou découvert du fait des conséquences de l'enquête en cours sur le Crédit Agricole (coupable d'avoir consenti de nombreux prêts dont il était prévisible qu'ils ne seraient jamais remboursés).

Après une garde à vue ordonnée par le juge Bruguière dans le cadre de son enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, Gabriel-Xavier Culioli donne le signal de la campagne contre Bernard Bonnet, dès le 16 décembre 1998, par une tribune publiée dans Le Monde:

" La DNAT [Direction nationale de l'action anti-terroriste] a procédé à plus de cinq mille auditions, plus de mille trois cent gardes à vue visant des franges de plus en plus larges de la population corse. (...) Être corse devient un facteur aggravant en tous domaines, y compris intellectuel (...). Après la piste agricole et la piste informatique, voilà donc la piste intellectuelle, où un style d'écriture peut vous mener en prison 30. "

Malgré les outrances de l'auteur qui compare la Corse à un " petit Kurdistan ", son intervention est le signe d'un retournement de l'opinion corse dont les nationalistes pourraient tirer bénéfice.

Au début de l'année 1999, après être revenu à la tête du ministère de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement est, affirme-t-il aujourd'hui, lui-même convaincu qu'il ne faudrait point trop attendre pour mettre fin à la mission du préfet. Mais il souhaite, pour ce faire, attendre l'arrestation du " commando Érignac ", dont il sait qu'elle pourrait survenir rapidement. Or Bernard Bonnet, alimenté, on l'a vu, par sa fameuse source dénommée " Corte ", est une pièce importante de l'enquête. Une fois les assassins sous les verrous, pense le ministre, son départ s'effectuera sous le signe d'une victoire pour lui-même et pour le gouvernement. Il convient donc d'assumer jusque-là - en accord total avec Matignon - son maintien à son poste.

C'est à l'automne 1999 que le travail d'influence du Monde sur le dossier corse prend un tour plus direct. Dans l'esprit de Lionel Jospin, la déplorable bévue qu'a été l'affaire des paillotes se trouve à présent gommée par l'arrestation de tous les membres - excepté Yvan Colonna - du commando d'assassins du préfet Érignac. Le nouveau préfet, Jean-Pierre Lacroix, est un rocardien favorable aux compromis. La croissance donne à l'État les moyens de se montrer généreux. Pourquoi ne pas conclure en beauté, sur l'île du même nom, la législature ? Pourquoi, à la politique des négociations clandestines menées par la droite entre 1993 et 1997, ne pas opposer, sur ce terrain-là aussi, celle d'une négociation transparente menée par la gauche et débouchant enfin sur l'apaisement?

Oui, mais voilà : cette orientation se heurte, dans l'esprit du Premier ministre, à un préalable qu'il convient d'imposer aux mouvements indépendantistes et autonomistes corses : la renonciation à la violence, ou, à tout le moins, la condamnation de la violence par les élus corses. Le 25 mai 1999, il déclare à la tribune de l'Assemblée nationale : "Je tiens à être clair. Le premier problème de la Corse, aujourd'hui, ce n'est pas son statut. Le premier problème, c'est celui de la violence qui déchire l'île - les menaces, les plasticages, le racket, les braquages, les assassinats (...). Aucune discussion institutionnelle ne peut avoir lieu sous la menace de la violence (...). La question posée aujourd'hui à tous en Corse - mais d'abord à ceux qui la pratiquent ou l'excusent - est bien celle de la renonciation définitive à la violence. Cette renonciation est un préalable. "

On soulignera au passage que le Premier ministre est bel et bien l'inventeur de cette formule que l'on retrouvera ensuite dans la bouche de son ministre de l'Intérieur.
Quelques jours plus tard, Lionel Jospin, en petit comité, défend la même ligne qu'à l'Assemblée Nationale, face au directeur adjoint des Renseignements généraux, Bernard Squarcini, qui lui propose d'" ouvrir le dialogue" en Corse: " Jamais je n'entamerai de dialogue tant qu'il y aura un seul attentat. " Le 6 septembre 1999, Lionel Jospin déclare devant l'Assemblée des élus corses: "La condamnation de la violence est la condition préalable à toute évolution."

Qui a donc convaincu Jospin de faire exactement l'inverse de ce qu'il a déclaré ce jour-là, c'est-à-dire d'engager le dialogue avec les nationalistes avant toute renonciation à la violence, ou même toute prise de position des élus dans ce sens ? Lui-même ne s'est jamais exprimé sur ce point. Toutefois, une chose est sûre : au sein du gouvernement et du Parti socialiste, on ne trouve alors nul partisan du dialogue sans conditions. Ni jean Glavany, auteur d'un rapport très dur sur les dérives mafieuses en Corse. Ni Dominique Strauss-Kahn, qui a déjà disparu du circuit et qui est de toute façon attaché à l'état de droit. Ni, bien entendu, Jean-Pierre Chevènement. Certes, François Hollande approuvera ce tournant; mais il n'en a pas fait un cheval de bataille. Quant à Manuel Valls, chargé de la communication au cabinet de Lionel Jospin, et à Christophe Caresche, député de Paris, s'ils comptent parmi les partisans du dialogue, leur influence est limitée.

Qui sont donc les vrais auteurs de la conversion du Premier ministre ? Olivier Schrameck, d'une part; Jean-Marie Colombani et Edwy Plenel, d'autre part.
Dès le 6 mai 1999, le directeur du Monde montre la voie à l'hôte de Matignon: "Initier une vaste consultation, sur le modèle de ce qui a prévalu en Nouvelle-Calédonie, qui permette de jeter les bases d'une plate-forme minimale, politique, économique, sociale et culturelle, qui donne le sentiment d'un nouveau départ. Pourquoi ne pas se saisir de ce second traumatisme [l'affaire des paillotes] pour en faire l'occasion d'une nouvelle chance?"

Dans son édition des 8-9 août 1999, Le Monde fait sa " une " sur les journées de Corte, avec la manchette suivante: " Corse : le nouveau cours des nationalistes. Réconciliation, ouverture, Europe sont devenus les mots-clés du discours nationaliste. À l'occasion des journées de Corte, jean-Guy Talamoni invite l'État à un "changement de fond" de sa politique. Il appelle les élus de gauche et de droite à rejoindre "le camp de la Corse". " Le grand blanchiment des nationalistes a commencé. Et voici annoncé, avec quatre mois d'avance, en quelques lignes, le fameux " processus de Matignon" dont Lionel Jospin lui-même n'a pas encore idée!

À l'automne, Le Monde rapporte et explique régulièrement tous les attentats commis sur l'île. Dès le 20 septembre, il en relate une douzaine et établit une corrélation directe entre ces crimes et la déception causée par la visite du Premier ministre en Corse, qui a réaffirmé le préalable de la cessation des violences. L'article cite un communiqué du FLNC: " Tant que l'État français n'aura pas donné de garanties suffisantes pour un règlement politique au problème corse, nous ne baisserons pas la garde (…). Pour notre part, nous sommes prêts à respecter nos engagements initiaux et à nous désengager définitivement si, au préalable, l'État s'oriente définitivement et concrètement vers un processus de règlement politique de la question nationale corse. "

Le 8 octobre, Le Monde revient à la charge avec un nouveau communiqué du FLNC-Canal historique qui dénonce lui aussi le "préalable " de Lionel Jospin. Les 11, 18 et 22 septembre, les 2, 14 et 19 octobre, puis les 2 et 5 novembre, le quotidien signale de nouveaux attentats. Qu'attend donc le Premier ministre pour changer de ligne ? Ne voit-il pas que toutes ces explosions traduisent la bonne volonté des nationalistes?

Selon Manuel Valls, responsable de la communication à Matignon, la conversion de Lionel Jospin a été préparée par plusieurs rencontres. D'abord, lors de déjeuners réguliers organisés avec Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel et Jean-Marie Colombani. Au cours de l'un d'eux, peu avant son changement de ligne, le 13 décembre, le Premier ministre s'affronte très violemment au patron du Monde. Didier Hassoux a donné un récit de ce déjeuner dans Libération 31 :

" Jospin essaie de convaincre ses interlocuteurs du bien fondé de sa politique. Notamment de son refus de dialoguer "avec les poseurs de bombes et ceux qui les soutiennent". Colombani réplique : "Si vous ne faites rien, la violence ne s'arrêtera pas." Réponse de Jospin : "Il faut préserver l'ordre républicain." Ultime envolée du patron du Monde: "Il y a dix exemples de par le monde qui montrent que le dialogue doit se nouer malgré la violence. Si on veut vraiment la paix." "

On remarquera que le directeur a déjà fait sien, à cette époque, le langage des nationalistes. Le terme de " paix" que le quotidien, seul de toute la presse, va adopter sans guillemets, accrédite l'idée que la Corse est en guerre, comme l'Irlande du Nord. Mais, surtout, la phrase " Si vous ne faites rien, la violence continuera " est on ne peut plus ambiguë. Elle peut être le pronostic d'un commentateur qui tente de convaincre des vertus du dialogue ; elle peut aussi être comprise comme une prédiction volontaire et menaçante : " Si vous ne faites rien, on continuera à poser des bombes. " Nous allons voir que, malheureusement, tout incite à donner consistance à cette seconde interprétation.

Poussé par ses "communicants ", Lionel Jospin ne veut pas rester sur ce déjeuner conflictuel au cours duquel Duhamel et Elkabbach ont dû jouer les modérateurs. Une nouvelle rencontre est organisée avec les seuls représentants du Monde, qui sont trois : outre Jean-Marie Colombani, Edwy Plenel et Jean-Louis Andreani sont également présents. Ce jour-là, c'est surtout Plenel qui intervient et défend l'idée d'une " solution politique ", reprenant à son tour le langage de guerre cher aux nationalistes. Certes, d'autres contacts sont alors établis dans la perspective d'un changement de cap politique, comme cette rencontre avec Jean-Claude Casanova, le directeur - corse - de la revue Commentaire, qui défend lui aussi une certaine mansuétude à l'égard des nationalistes, ou bien encore ceux établis avec la franc-maçonnerie par Pierre Chaubon, maire de Nonza et co-organisateur de la manifestation culturelle " Parler, chanter, fêter la Corse " en 1995. Mais, en l'absence d'intervention de tout ténor politique sur le sujet, nul doute que les rencontres avec Le Monde ont lourdement pesé dans la " conversion " du Premier ministre.
Tant que Lionel Jospin fait dépendre le dialogue de la renonciation à la violence par les nationalistes et de sa condamnation par les élus, Le Monde continue à rendre compte fidèlement des attentats perpétrés sur l'île. Le 27 novembre 1999, il met en " une " les deux attentats contre l'Urssaf et la direction départementale de l'Équipement (DDE). Au total, soixante-dix kilos d'explosif ont été disposés par les clandestins. Seule l'évacuation des locaux a pu éviter de justesse la mort de personnes travaillant sur place. Plusieurs salariés ont été blessés. Jacques Chirac déclare que " ces actions étaient destinées à tuer ". L'émotion est forte sur l'île où des manifestations contre la violence sont organisées. Le Monde semble remplir consciencieusement sa mission d'information. Un encadré récapitule la montée de la violence depuis 1996.

Mais, sitôt l'émotion retombée, le 2 décembre, un grand article d'analyse, signé Jacques Follorou, indique au Premier ministre comment cette nouvelle flambée doit être interprétée : " Par ailleurs, contrairement à l'analyse du mouvement nationaliste développée par le ministre de l'Intérieur, mardi, sur LCI, la multiplication des groupes clandestins ne signifierait pas la fuite en avant de "soldats perdus". À en croire certains responsables nationalistes, si des dizaines de militants ont quitté les organisations traditionnelles et créé leurs propres structures, ces clandestins seraient davantage enclins à suivre les mouvements publics qu'une voie brigadiste. Si un dialogue était engagé avec l'État, les organisations nationalistes publiques seraient en mesure de contrôler l'activité armée. La mouvance nationaliste paraît en effet, même si les attentats semblent démontrer le contraire, désireuse de trouver une sortie pacifique au conflit qui l'oppose à l'État depuis plus de vingt ans. "

Telle est, pour Le Monde, la traduction du langage explosif des nationalistes: il faut lire les bombes d'Ajaccio comme un message pacifique. Le pire est que ce paradoxe - plus d'attentats pour mieux faire la paix ! - séduit Jospin: c'est à l'occasion de la double déflagration du 27 novembre que le Premier ministre convoque son équipe et décide de lever le préalable de la cessation de la violence. Sans doute l'article du Monde a-t-il réactivé dans son esprit le souvenir de ses conversations récentes avec Jean-Marie Colombani et Edwy Plenel. Sans doute certains " messages " transmis au gouvernement font-ils état de menaces d'attentat sur le continent si les lignes ne bougeaient pas. Une perspective qui effraie Lionel Jospin.

Le Premier ministre a-t-il échangé sa " conversion " sur le problème corse contre un soutien du Monde à sa candidature aux présidentielles de 2002 ? Selon son entourage, le deal n'a jamais été formulé comme tel. Mais ce n'est pas ainsi que les choses se passent en général dans cet univers. Les responsables du quotidien n'auraient d'ailleurs eu aucun intérêt à se lier les mains, comme le reconnaît à demi-mot Jean-Marie Colombani lui-même: " Nous, nous sommes dans une situation confortable. Ce sont eux qui décident. Nous, on commente. " Mais il suffit d'espérer pour entreprendre. A contrario, Lionel Jospin pouvait déjà être sûr d'une chose : en adoptant la position de son ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire en ne cédant pas aux exigences des