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  • Action contre les opérateurs de téléphonie mobile ----- ou la nécessité d'une action de groupe

    En novembre 2005, les 3 opérateurs de téléphonie mobile - Orange, SFR, Bouygues Telecom - étaient condamnés par le Conseil de la Concurrence pour agissements illicites: ententes illicites permettant une répartition du marché entre les opérateurs causant une augmentation des prix. Cette décision est en appel actuellement. Elle avait fait grand bruit car l'amende prononcée s'élevait à 534 millions d'euros.

    Suite à cette condamnation, le vendredi 13 octobre 2006, l'UFC-Que Choisir a déposé plus de 12 500 dossiers de consommateurs devant le Tribunal de commerce de Paris, et ce, avec un grand renfort médiatique pour permettre cette fois-ci aux consommateurs d'être indemnisés de leur préjudice. On imagine le nombre de cartons renfermant les nombreux dossiers demandant réparation du préjudice causé. Mon dossier compte parmi les 12 500 déposés, pour un préjudice évalué à une cinquaine d'euros. Cependant, on estime à 30 millions le nombre de consommateurs victimes des opérateurs. Bien sûr, le jugement sur ces dossiers ne sera pas rendu avant 2007... (http://www.cartelmobile.org).

     Cette action a plusieurs intérêts:

    - elle doit permettre le remboursement du préjudice subi par les consommateurs à l'époque;

    - mais surtout, grâce au travail de l'association UFC-Que choisir, cette action a été rendue possible, permettant  une réparation et donc limiter les pratiques de grands groupes souvent en position de force face à des consommateurs impuissants. Qui aurait intenté une action en justice pour la réparation d'un préjudice de 50 euros: personne, car le montant est trop faible pour se perdre dans une longue procédure. Donc, aucun consommateur pris personnellement ne va faire la démarche d'introduire une action en justice, même si son action est fondée et gagnée d'avance. Pourtant, l'addition de l'ensemble des consommateurs entraîne bien souvent un préjudice considérable. Si l'on se base sur un minimum de 50 euros de préjudice pour les 12 500 dossiers déposés, ce qui représente un faible préjudice et une goutte d'eau de consommateurs atteints, on trouve déjà 625 000 euros. Multiplié ce chiffre par le nombre réel de consommateurs ayant subi une atteinte.... 

     Les grands groupes profitent bien souvent et trop souvent de ce rapport d'un faible préjudice en rapport avec la difficulté d'une action en justice pour le consommateur. Qui n'a jamais subi des difficultés avec un opérateur Internet, des produits défectueux ou une grande chaîne de magasin, le problème risquant de se multilpier au travers de la vente en ligne sur Internet.... Rappelons aussi les problèmes survenu sur les tarifications bancaires, et les affaires actuelles sur le médicament  du fabricant du Distilbène. 

    Certes, je ne prône pas le recours abusif à l'action en justice. A contrario, il parait inormal que le comportement frauduleux de grandes structures ne soient pas poursuivis et que les consommateurs ne soient pas réparés pour leur préjudicie subi. Là encore, malgré la décision du Conseil de la Concurrence; pris individuellement, aucun consommateur n'aurait agi en matière civile pour obtenir indeminisation et tirer les conclusions des pratiques ainsi condamnées. Lorsque l'on voit les difficultés éprouvées par des familles de victime qui se battent pour la réparation d'un préjudice corporel voir le décès d'un proche... 

    - de fait, cette procédure montre l'intérêt d'une réforme permettant une action en justice de groupe. Dans le cas présent, une seule action en justice aurait nécessaire, permettant alors de réparer le préjudice des consommateurs en ayant fait la demande. Or, dans le cas présent, 12 500 actions seront nécessaires.... Imaginons que les millions de consommateurs ayant subis un préjudice se soient fait connaître, le Tribunal de commerce de Paris aurait été engorgé pour plusieurs années... Une action de groupe permettrait donc l'indemnisation de l'ensemble des consommateurs concernés. Cette action existe aux Etats-Unis. Il semble possible de mettre en oeuvre une telle procédure, en l'encadrant, en définissant le domaine de cette action (les préjudices subis par les consommateurs), ouvertes aux associations agréées, avec une procédure de vérification pour éviter des recours abusifs et un contrôle constant du juge; comme le préconise l'appel aux législateurs lancé par les associations de consommateurs (http://www.unaf.fr/article.php3?id_article=3406 --- http://www.unaf.fr/article.php3?id_article=3405).

     

  • L'Appel des 115

    - Appel des 115 qui sera adressé à l’ensemble des Parlementaires -

    Criminalité, délinquance, justice, connaître pour agir


    Nous, chercheurs, enseignants-chercheurs et jeunes chercheurs en formation, de disciplines
    très diverses, acteurs de la Justice pénale de toutes professions, personnels soignants, militants associatifs dans le champ pénal, demandons aux pouvoirs publics de créer une structure multidisciplinaire d’études et de recherches sur les infractions pénales, leur prévention, leur sanction et leur réparation.

    Cette structure dont le cadre administratif reste à imaginer doit s’inspirer des expériences
    étrangères en la matière et chercher à rassembler, dans une même entité, des
    représentants des sciences du droit, des sciences de la société, des sciences médicales et du
    psychisme, et de la philosophie, chercheurs professionnels mais aussi « praticiens » intéressés
    par la démarche scientifique. Par son existence, elle doit partout favoriser cette approche
    multidisciplinaire du champ pénal qui manque tant à notre pays.

    Nous pensons que l’approche multidisciplinaire est la seule capable d‘éclairer le débat public
    sur la question pénale, au-delà de l’émotion, des souffrances, mais aussi des passions idéologiques, et d’apporter une contribution significative à la construction de politiques pénales, dépassant esprit de système et démagogie populiste.

    Les objectifs de cette structure sont les suivants :

    1. - Elle entreprend, développe, encourage, à son initiative ou à la demande des pouvoirs
    publics, tous travaux de recherches ayant pour objet l’étude des infractions pénales et des
    réponses apportées (prévention, aide aux victimes, poursuites à l’égard des auteurs,
    alternatives aux poursuites, prononcé des mesures et des sanctions, modalités d’exécution des
    unes et des autres) et ce dans toutes les disciplines concernées.

    2. - Elle évalue, effectue ou fait effectuer toutes recherches utiles à la connaissance scientifique, multidisciplinaire, du champ pénal et à sa contribution à la sécurité publique et à l’amélioration du fonctionnement des institutions pénales.

    3. - Elle recueille, centralise et valorise l’ensemble des travaux tant français qu’étrangers
    relevant de son champ d’activité par la création et le développement d’un centre de
    documentation de grande envergure, mis en réseau avec les centres existants. Elle élabore des
    « synthèses de connaissances » et tient notamment le Gouvernement, le Parlement et les pouvoirs publics informés des connaissances acquises.

    4. - Elle apporte son concours à la formation à la recherche et par la recherche dans les
    domaines de sa compétence.

    5. - Elle participe à l’information de l’ensemble des citoyens dans les domaines de sa
    compétence.

    6. - Elle participe, au niveau international, à la diffusion des travaux français du champ et
    au développement de l’information en favorisant l’usage de la langue française.

    7. - Elle établit chaque année un rapport, largement diffusé, sur son activité, sur les
    résultats des travaux qu’elle a réalisés ou fait réaliser et formule des propositions.

    Sur le plan administratif, différentes solutions sont à envisager et à évaluer à l’aune de
    deux critères, l’indépendance intellectuelle et l’efficacité à atteindre les objectifs définis :
    rattachement au Premier Ministre (auprès du nouveau Centre d’analyse stratégique ?), ou
    de plusieurs tutelles (Ministère de la Justice, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement
    du Territoire, Ministère de la Santé et de la solidarité…), voire du seul Ministère de
    l’Education nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cela dépend,
    naturellement, de l’évolution des structures existantes et des complémentarités à construire.
    Par ailleurs, l’entité doit avoir des liens très étroits avec l’enseignement supérieur, tant
    universitaire que professionnel, sans oublier l’enseignement au collège et au lycée.

    C’est dans cet esprit d’ouverture que nous prendrons contact, dans les semaines à venir, avec
    les pouvoirs publics et l’ensemble des partis politiques afin que cette structure puisse voir
    le jour sans tarder.


    Paris, le 25 février 2006.

     

    Sur l'initiative de Pierre V. Tournier, un groupe de personnes dont le nombre s'étend de jour en jour,  lance un appel à signature depuis le 25 février 2006 concernant la création d'une structure multidisciplinaire d'études et de recherches sur les infractions pénales, leur prévention, leur sanction et leur réparation. L'Appel des 115 renvoie aux 115 premiers signataires bien qu'aujourd'hui plus de 600 signatures dont une cinquante de personnes morales les aient rejoins. Les signataires connaissent des horizons parfois divers: si l'on retrouve de nombreux universitaires en droit pénal (chercheurs, professeurs ou étudiants); on remarque aussi que l'on retrouve des universitaires venant d'autres domaines (philosophie, sociologie...), un grand nombre de professions concernées: magistrats, avocats, policiers, fonctionnaires du service pénitentiaire, membre d'association d'aide aux victimes mais pas seulement (médecin, historien, politologue, etc). De nombreux élus et responsables politiques ont aussi signé cet appel (Noël Mamère, Jack Lang...). Parmi les personnes morales, on peut citer l'Association française de criminologie (AFC). Les objectifs poursuivis par cette structure pourraient permettre une meilleure lisibilité de la question pénale.

     

    Les signatures (nom, prénom, profession, fonctions et localité) sont à adresser  à :

    pierre-victor.tournier@wanadoo.fr

     

    Voir aussi:  pour des renseignements complémentaires sur le but de cet appel: http://champpenal.revues.org/document520.html 

    pour une liste assez détaillée des signataires: http://histoirepenale.wifeo.com/appel.php