Caricatures de Mahomet suite....

L'affaire des caricatures prend de l'ampleur de jour en jour:
D'un côté:
- colère des musulmans,
- appel au boycott,
- attaque de centre culturel ou d'ambassades,
- critiques faites à l'encontre de ces caricatures.....
De l'autre:
- liberté d'expression,
- liberté de la presse,
- incompréhension face à de telles réaction pour quelques dessins....
Voici le dernier communiqué des Affaires Etrangères françaises:
(Sur l'affaire des caricatures, il y a beaucoup d'émotion et de manifestations dans le monde arabe et musulman, je voudrais savoir si vous avez pris des mesures pour renforcer la sécurité des ambassades et consulats français ou inciter les ressortissants français vivant dans ces régions à prendre des mesures de sécurité particulières ?)
Comme d'habitude, nous veillons à la sécurité de nos ressortissants et à la sécurité de nos installations diplomatiques et consulaires en prenant en compte tous les éléments de contexte.
(Quelle est la position de la France sur d'éventuels appels au boycott de produits européens ?)
De façon générale, nous considérons qu'il y a la liberté de la presse qui s'exerce dans le cadre des lois de la République. Nous considérons en même temps que cette expression doit se faire dans le respect des croyances et des convictions religieuses et ne pas blesser les individus dans leurs croyances ou leurs convictions religieuses. Comme le ministre l'a dit ce matin, nous souhaitons que l'apaisement prévale et que l'on évite une escalade.
Nous sommes tout à fait ouverts au dialogue avec tous ceux qui le souhaiteraient et en particulier avec tous les pays de la région. Nous avons reçu hier au Quai d'Orsay les ambassadeurs des pays arabes pour avoir avec eux un échange de vues sur ces questions. Pour répondre à votre question sur le boycott, nous pensons qu'un tel boycott ne ferait que nourrir l'escalade que nous refusons.
(Pouvez-vous nous dire un peu plus en détail quel était la teneur du message que vous avez essayé de transmettre aux ambassadeurs arabes et si tous les ambassadeurs étaient là ou bien une délégation de ces ambassadeurs ?)
A ma connaissance, tous les ambassadeurs arabes étaient là. Vous connaissez le message. Je vous renvoie au communiqué que nous avons publié avant-hier. Ce communiqué rappelait ce que je viens de dire, c'est-à-dire à la fois la liberté de presse et d'expression et, en même temps, le respect des croyances et des convictions religieuses.
Les ambassadeurs arabes ont accueilli très favorablement l'initiative de cet échange de vues et se sont engagés à le rapporter dans leurs capitales. La rencontre a fait apparaître le même souci, du côté des ambassadeurs arabes, d'éviter une escalade, un souci d'apaisement et de dialogue.
(Combien d'ambassadeurs étaient-ils présents ?)
Tous les pays arabes étaient représentés.
(A quel niveau ont-ils été reçus ?)
Le ministre étant en déplacement, ils ont été reçus par des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.
(Au sujet de la grenade lancée aujourd'hui à Gaza contre le Centre culturel français, avez-vous été en contact avec l'Autorité palestinienne ?)
Notre consulat général à Jérusalem suit la situation de très près et a tous les contacts utiles, y compris bien sûr avec l'Autorité palestinienne.
(Avez-vous demandé des mesures particulières de sécurité de la part des autorités locales ?)
Nous avons pour politique de ne pas détailler les mesures de sécurité que nous mettons en place, mais nous veillons à prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour que la vie de nos ressortissants ou de ceux qui travaillent dans nos établissements ne soit pas mise en péril.
(Le problème des caricatures est un problème extérieur mais également un problème intérieur, étant donné qu'il y a une grande communauté musulmane vivant en France, cinq ou six millions, d'après les chiffres.
Pensez-vous que les autorités françaises vont trouver l'occasion au niveau politique pour faire passer un message aux musulmans français ?)
D'une façon générale, quand nous avons dit avant-hier qu'il fallait être très attentif au fait de ne pas blesser les individus dans leurs convictions religieuses ou dans leurs croyances, cela s'adressait à tous, y compris à ceux qui se trouvent sur le territoire français et qui ont pu, d'une façon ou d'une autre, être blessés dans cette affaire. Vous avez vu que les communautés religieuses en France se sont exprimées, y compris le recteur Boubakeur qui est le président du conseil français du culte musulman.. Il y a des contacts très fréquents entre les autorités françaises et les autorités religieuses. Je me souviens que le recteur Boubakeur avait accompagné le ministre en Egypte lors de son déplacement. Les contacts existent donc de façon permanente.
(Je ne sais pas si cela est du ressort du ministère des Affaires étrangères, mais ne serait-il pas opportun de revoir la loi Gayssot afin d'englober les atteintes aux croyances religieuses ?)
Cette question dépasse de beaucoup mes compétences. Vous connaissez le cadre législatif. En matière de liberté de la presse, c'est la loi de 1881 qui a été amendée. Elle affirme dans son article premier le principe de liberté de la presse. D'autres articles sont intéressants à lire, notamment les articles 23 et 24. Ce cadre législatif vaut pour tout le monde.
La question de savoir s'il faut le modifier dépasse de beaucoup mes compétences.
(Vous avez énoncé deux principes, celui de la liberté de la presse et celui du respect des croyances. Dans l'affaire qui nous préoccupe, les caricatures dont il est question heurtent-elles le principe du respect des croyances ?)
C'est une affaire d'appréciation. Nous ne faisons que rappeler ces deux principes, ensuite, c'est à chacun de dire la façon dont il ressent les choses. Nous constatons que des personnes se sont estimées blessées dans cette affaire. Comme je l'ai dit, il y a aussi des voies juridiques qui permettent éventuellement d'engager des recours, cela a été rappelé par le ministre. Les individus ou les personnes qui s'estimeraient blessées ou attaquées dans cette affaire ont la possibilité d'utiliser ces voies de recours. Je ne fais que les rappeler, il ne m'appartient pas de me prononcer sur l'opportunité de tels recours.
JE VOUS DEMANDE DE NOUVEAU CE QUE VOUS INSPIRE CETTE AFFAIRE..... INCOMPREHENSION OU COLERE ENVERS LES CARICATURES OU LES REACTIONS DU MONDE MUSULMAN......
SELON VOUS, QUELLE POSITION DOIT PRENDRE LA FRANCE, ATTACHEE AUX DROITS DE L'HOMME DONT LA LIBERTE D'EXPRESSION FAIT PARTIE INTEGRANTE???